Mortalité

Chaque trimestre, NosoThème fait le point sur un sujet d'actualité. Cette revue de la littérature est également publiée dans la revue Hygienes

N°6 - juin 2008

Ce sixième numéro est consacré à la mortalité liée aux infections nosocomiales (IN). Ce thème a été retenu car cette question complexe est récurrente dans le domaine de la lutte contre les IN et reste aujourd’hui encore un sujet d’étude.
Cette revue de littérature n’a pas pour objectif d’être exhaustive mais de repérer quelques documents utiles.
Le numéro d’enregistrement dans la base de données NosoBase figure pour chaque référence.

La version courte parue dans la revue Hygienes est disponible en cliquant sur ce lien.

Sommaire

1 - Généralités
2 - Méthode
3 - Mortalité liée aux IN en général
4 - Mortalité spécifique selon le site infectieux et le germe
5 - Mortalité spécifique selon le secteur d'hospitalisation
6 - Historique
Pour en savoir plus


1 - Généralités

Rapport sur la politique de lutte contre les infections nosocomiales. Office parlementaire d'évaluation des politiques de santé
L'Office parlementaire d'évaluation des politiques de santé (OPEPS) a été créé par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2003. Cette instance a pour mission d'éclairer les décisions du parlement en matière de santé et de contribuer au suivi des lois de financement de la sécurité sociale. Pour l'année 2005-2006, l'OPEPS a choisi de consacrer ses travaux au bon usage des psychotropes et la politique de lutte contre les infections nosocomiales. C'est à Alain Vasselle, sénateur, qu'est revenue cette seconde étude. Au cours de sa réunion du 2/11/2005, l'OPEPS a confié le travail préparatoire d'investigation préalable à l'adoption du présent rapport au centre National d'Expertise Hospitalière (CNEH) avec la consigne de dresser un panorama de la qualité des soins dans les hôpitaux français à partir des données disponibles sur les infections nosocomiales, des outils de lutte mis en place et par comparaison avec les exemples étrangers, notamment européens. Ce travail de synthèse a été complété par une étude des conséquences sanitaires, économiques et judiciaires des infections nosocomiales et par une analyse, déléguée à l'IPSOS, de la perception des professionnels de santé.
Mots-clés : organisation, prévention, législation, coût, Europe, enquête, qualité, responsabilité, épidémiologie, facteur de risque, antibiotique, indicateur, mortalité
Vasselle A. Rapport sur la politique de lutte contre les infections nosocomiales. Office parlementaire d'évaluation des politiques de santé. 2006. 241 pages. (Réf 17379)
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• Signalement des décès liés aux infections nosocomiales
Le dispositif de signalement a pour objectif d'alerter les autorités sanitaires sur une situation potentiellement révélatrice d'un dysfonctionnement ou mettant en évidence un phénomène émergent. Le signalement repose sur des critères destinés à repérer un certain nombre d'événements "sentinelles" trop rares pour faire l'objet d'une surveillance, témoins d'un risque infectieux auquel sont exposés d'autres patients hospitalisés et qu'il est possible d'interrompre ou de réduire. Dans cette perspective, le décès lié, ou imputable à l'infection nosocomiale représente un des critères devant conduire à un signalement externe. En pratique, tout décès d'un patient atteint d'une infection nosocomiale ne doit pas systématiquement déboucher sur un signalement en critère 2 (" tout décès lié à une infection nosocomiale "). Il constitue un signal pour repérer les dossiers devant faire l'objet d'une analyse afin d'évaluer le degré d'imputabilité du décès à l'infection nosocomiale.
Mots-clés : mortalité, recommandation, déclaration, méthodologie, bibliographie
DGS, DHOS, CTINILS, CSHPF. Signalement des décès liés aux infections nosocomiales. Guide méthodologique d’aide au signalement des infections nosocomiales faisant appel au critère 2 "tout décès lié à une infection nosocomiale" (R.6111-13 du code de la santé publique). 2007. 13 pages. (Réf 18543)
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Signalement des infections nosocomiales
La présente circulaire a pour objet de fournir des documents techniques utiles à la mise en oeuvre du signalement des infections nosocomiales dans les établissements de santé. Elle est constituée de fiches portant notamment sur les critères de signalement, l'organisation du dispositif dans les établissements de santé, le rôle et l'articulation des intervenants extérieurs à l'établissement. Elle précise également le cadre légal dans lequel s'inscrit l'information des patients relative aux infections nosocomiales. Annexe 1 : maladies faisant l'objet d'une notification à l'autorité sanitaire. Annexe 2 : maladies faisant l'objet d'un signalement nominatif à l'autorité sanitaire en vue de prendre des mesures d'urgence.
Mots-clés : surveillance, DDASS, CCLIN, information, recommandation, déclaration, législation
Ministère de la santé, de la famille et des personnes handicapées. Circulaire DHOS\E2 - DGS\SD5C N° 21 du 22 janvier 2004 relative au signalement des infections nosocomiales et à l’information des patients dans les établissements de santé. 2004. 28 pages. (Réf 12677)

 

2 - Méthode

Mortalité attribuable aux infections nosocomiales. Une application simple et utile des modèles multi niveaux
Objectifs : les infections nosocomiales restent un problème médical majeur du fait d’une morbidité et d’une mortalité accrue. De même que la prolongation de la durée du séjour, la mortalité hospitalière attribuable est l’indicateur de référence en terme d’impact et de conséquence. Comme la survenue d’une IN est un processus lié à la durée d’exposition, l’estimation de son incidence pourrait être mal évaluée par ce fait. Un cadre général doit être développé pour définir et estimer la mortalité attribuable en tenant compte de la sortie du patient comme risque associé et comme donnée censurée.
Méthodes : comme le terme mortalité attribuable est utilisée selon différentes acceptations, nous avons commencé par rappeler des définitions classiques. Les critères de jugement sont alors obtenus par des probabilités issues d’un modèle multivarié prédéfini qui permet une interprétation et une estimation. La méthode du "Boot strap resampling" est utilisée pour calculer les erreurs standard et les IC.
Résultat : la méthode est appliquée aux données de l’étude SIR-3, étude de cohorte prospective sur l’incidence des IN en réanimation. La survenue d’une IN est associée à une mortalité accrue. La fraction attribuable de la mortalité (en population) est estimée à 7,7 % (IC 95% : 2,6-12,8) sur une durée d’étude de 120 jours.
Conclusion : la mortalité attribuable est un indicateur de risque important en épidémiologie. Si l’exposition au risque est dépendante du temps, les modèles multivariés fournissent un cadre (d’interprétation) pour définir et estimer la mortalité attribuable.
Mots-clés : mortalité, durée de séjour, statistique, étude prospective, cohorte
Schumacher M, Wangler M, Wolkewitz M, et al. Attributable mortality due to nosocomial infections. A simple and useful application of multistate models. Methods of information in medicine 2007; 46(5): 595-600. (Réf 21060)

• Mortalité attribuable aux infections nosocomiales : étude de cohorte (patients ayant contracté ou non une infection nosocomiale) dans un CHU
Objectif : déterminer si la survenue d’une IN est un facteur de risque de décès ; estimer la mortalité attribuable aux IN. Méthode: étude de cohorte constituée de patients ayant ou non contracté une IN, population : tous les patients hospitalisés dans le Centre Hospitalier Universitaire de Nîmes, entre le 07/05/2001 et le 10/01/2003 dans les services de court séjour et de long séjour ayant contracté une IN ; pour chaque cas, 3 patients n’ayant pas contracté d’IN tirés au sort et appariés au cas selon l’âge, le sexe, le type (court ou long séjour) et la durée du séjour à la date d’inclusion (date de survenue de l'IN) ont été inclus dans la cohorte. Les IN ont été identifiées à partir des bases de données du laboratoire et de la pharmacie (prescription d’antibiotiques) et confirmées par des visites dans le service concerné. Le critère de jugement principal était le statut vivant ou décédé à 60 jours après la date d’inclusion. Le risque de décès en cas de survenue d’IN a été évalué en utilisant la régression logistique (ajustement selon les comorbidités associées, leur sévérité et d'autres facteurs de confusion) ; la proportion ajustée de décès attribuable a été calculée selon la méthode de Mantel Haenszel. Résultats : 1914 patients avec une IN (incidence sur la période de l’étude de 2,5 pour 100 admissions) et 5172 patients sans IN ont été inclus : l’âge médian des patients ayant contracté une IN était de 73 ans et 54,6% étaient des femmes. La survenue d’une IN était statistiquement associée au décès : OR ajusté de 1,7 (IC à 95% [1,4 . 2,2]). La mortalité attribuable, tout type d’IN confondu, a été estimée entre 1,7% (IC à 95% [1,4% . 2,1%]) et 3,0% selon le score de gravité inclus dans le modèle (Mac Cabe ou Charlson). En extrapolant le modèle à l’incidence des IN dans les hôpitaux français, comprise entre 3 et 6% selon les études, la proportion de décès attribuable aux IN dans les hôpitaux français est comprise entre 2,1% (IC à 95% [1,7 . 2,5]) et 4% (IC à 95% [3,3 . 4,9]) selon le modèle et le chiffre d’incidence utilisé. Conclusion : dans cette étude, la survenue d’une IN semble avoir un impact sur la mortalité. Ces résultats doivent être confirmés par d’autres études multicentriques.
Mots-clés : mortalité, étude prospective, cohorte, incidence, laboratoire, score
Fabbro-Peray P, Sotto A, Defez C, et al. Mortality attributable to nosocomial infection: a cohort of patients with and without nosocomial infection in a french university hospital. Infection control and hospital epidemiology 2007; 28(3): 265-272. (Réf 18498)

• Revue systématique des méthodes utilisées pour déterminer l'association entre un traitement antibiotique approprié et la mortalité des patients avec une bactériémie
Objectifs : les études sur l’association entre le traitement antibiotique inapproprié et la mortalité de patients avec une BN ont donné des résultats contradictoires. Ces études ont été systématiquement revues pour identifier une hétérogénéité des méthodes qui puisse expliquer ces résultats.
51 articles ont été recensés selon les critères d’inclusion. Les données suivantes ont été extraites : schéma d’étude, définition et mesure des variables, méthodes statistiques.
Résultats : 8 études (16 %) définissent un traitement inapproprié comme étant inactif in vitro sur les micro-organismes isolés et non conformes avec les recommandations de bonnes pratiques cliniques en vigueur et distinguant le traitement empirique et définitif. 34 études mesurent le degré de sévérité de la pathologie mais seules 6 (12 %) spécifiaient le moment de la mesure.
Conclusion : les recommandations et méthodes proposées dans cet article ont pour but d’améliorer la validité et la reproductivité de recherche future. En résumé, les études futures devraient définir le caractère inapproprié du traitement sur la base de données in vitro ; devraient évaluer séparément traitements empiriques et définitifs et devraient contrôler le degré de sévérité de la pathologie.
Mots-clés : bibliographie, bactériémie, traitement, agent anti-infectieux, mortalité
Mcgregor Jc, Rich Se, Harris Ad, et al. A systematic review of the methods used to assess the association between appropriate antibiotic therapy and mortality in bacteremic patients. Clinical infectious diseases 2007; 45(3): 329-337. (Réf 17084)

• Application du score SOFA (Sequential Organ Failure Assessment) à des patients avec une bactériémie hospitalisés en réanimation
Contexte : les patients hospitalisés en réanimation sont à haut risque de BN (bactériémies nosocomiales). Nous avons étudié si le score SOFA à l’admission et le jour de la BN pouvait prédire la survenue d’une BN et l’évolution des patients.
Méthodes : tous les patients admis en réanimation multidisciplinaire pour plus de 48h entre le 1er janvier 2002 et le 31 décembre 2004 ont été suivis. Les données démographiques, cliniques et de laboratoires ont été recueillies à l’admission pour chaque patient et le jour de la 1ère bactériémie pour ceux qui ont contracté une bactériémie. De même, les scores SOFA et APACHE ont été calculés ce même jour.
Résultats : 185 patients ont développé une ou plusieurs bactériémies, soit une incidence de 9,6 pour 1000 jours de réanimation. Le taux de mortalité en réanimation était de 43,9 % pour les patients avec une bactériémie et de 25,8 % pour les autres (p < 0,001). Le score SOFA était associé indépendamment avec la survenue d’une BN (OR = 1,20 ;IC : 1,11-1,26 ;p < 0,001). Parmi les patients avec une BN, le score SOFA le jour de la BN était le seul facteur pronostique indépendant associé avec le résultat (OR=1,44 ;IC 95 % :1,21-1,71 ;p< 0,001). En analyse multivariée, les scores SOFA (OR=1,3 ;IC95% : 1,16-1,38 ; p< 0,001), APACHE II (OR=1,1.ic 95% ; 1, 02-1,11 ;p=0,03) à l’admission et la présence d’une BN (OR=1,8 ;IC95% : 0,1-2,9 ; p=0,03) étaient associés avec l’évolution.
Conclusion : le score SOFA à l’admission est associé indépendamment à la survenue d’une BN en réanimation alors qu’il n’est pas suffisant pour prédire seule l’évolution chez les patients avec une BN. Cependant le score SOFA le 1er jour de BN reste un facteur pronostique indépendant pour l’évolution des patients.
Mots-clés : bactériémie, score, soin intensif, étude prospective, pronostic, mortalité
Routsi C, Pratikaki M, Sotiropoulou C, et al. Application of the sequential organ failure assessment (SOFA) score to bacteremic ICU patients. Infection 2007; 35(4): 240-244. (Réf 19226)

• Utilisation de l'indice de risque du "National Nosocomial Infection Surveillance System" pour prédire la mortalité : résultats 6 ans après sortie de l'hôpital
Contexte et objectifs : l’indice de risque NNIS était initialement conçu pour mesurer le risque intrinsèque d’infections de site opératoire (ISO). Dans des études précédentes, il a été montré que l’indice NNIS est un facteur pronostique de survenue d’une pneumopathie post-opératoire, de septicémie et de décès intra-hospitalier. L’indice NNIS est lié à la sévérité des pathologies sous jacentes, facteur majeur de mortalité. L’objectif de cette étude est d’évaluer si l’indice NNIS est un facteur pronostique de la mortalité à 6 ans de la sortie.
Méthode : les patients du service de chirurgie général d’un centre hospitalier de 680 lits ont été inclus dans l’étude pendant 2 périodes (du 1er novembre 1992 au 30 juin 1994 et du 1er décembre 1995 au 30 janvier 1997). Les patients hospitalisés moins de 24 h et ceux transférés dans un autre service ont été exclus. 2848 patients ont été inclus. Des données démographiques, cliniques et l’évolution du patient ont été recueillies. L’état du patient à distance a fait l’objet de contacts (téléphoniques ou épistolaires) individuels. Le modèle de Cox a été utilisé pour étudier le lien entre le NNIS et la mortalité en tenant compte des co-variables.
Résultats : une tendance linéaire positive (p=0,007) a été mise en évidence entre le NNIS et la mortalité 6 ans après la sortie, pour les patients avec une pathologie sous-jacente mais pas pour les autres. Le NNIS est donc un facteur prédictif de mortalité durant l’hospitalisation mais aussi à distance de la sortie de l’hôpital.
Mots-clés : surveillance, mortalité, score
Palma S, Cosano A, Gomez-Ortega A, et al. Use of National Nosocomial Infection Surveillance System risk index for prediction of mortality: results of a 6-year postdischarge follow-up study. Infection control and hospital epidemiology 2007; 28(4): 489-492. (Réf 18603)

• Scores de risque et bactériémies
Les systèmes d’évaluation du risque sont utilisés chez les patients atteints d’une BN (bactériémie nosocomiale) pour quantifier le niveau de morbidité associée et la probabilité de décès. Ils sont basés sur des données cliniques et de laboratoires recueillies au début de la pathologie.
Dans le but de réduire la mortalité associée aux BN, des scores spécifiques ont été construits pour permettre un diagnostic précoce et un traitement antibiotique rapide et adapté. L’évaluation du risque est également utilisée avec succès pour identifier les patients à plus haut risque de BN multi-résistantes le plus souvent à SARM et à ERV. Des systèmes d’évaluation du risque ont également été développés pour évaluer le risque lié à des BN causées par des germes spécifiques comme le SARM.
La limite principale des systèmes d’évaluation du risque reste leur adéquation à l’épidémiologie locale et la difficulté de généraliser des résultats à partir d’une étude unique. Cependant un exemple récent, le système TREAT, paraît dans différentes situations épidémiologiques, fournir des résultats significatifs en termes de réduction de mortalité, de durée de séjour et de coûts.
Si les scores de pronostic ne doivent pas se substituer au jugement du clinicien, ils peuvent permettre de réduire la variabilité clinique, d’améliorer la précision du diagnostic et de mieux prévoir l’évolution du patient.
Mots-clés : mortalité, morbidité, bactériémie, score, risque, coût, diagnostic, traitement, antibiorésistance, Staphylococcus aureus, méticillino-resistance, Enterococcus, varié, durée de séjour
Tacconelli E, Cataldo Ma, De Angelis G, et al. Risk scoring and bloodstream infections. International journal of antimicrobial agents 2007; 30(Suppl 1): S88-S92. (Réf 20295)

Revue systématique des décès associés aux infections nosocomiales dans un hôpital du Nord de la France
Le but de cette étude était d'évaluer la part de décès imputable aux infections nosocomiales parmi les patients d'un établissement hospitalier du Nord de la France (59), d'en déterminer les causes et en cas de décès évitable, de mettre en oeuvre des mesures correctives. Méthodes : 306 dossiers de patients décédés entre le 01/12/2004 et le 31/05/2005 ont été analysés. Une commission "Mortalité-Morbidité" a été mise en place afin de statuer sur le caractère imputable et/ou évitable du décès de certains patients sélectionnés. Résultats : 23,5% des patients décédés présentaient au moins une infection nosocomiale. Les cancers représentaient la cause la plus fréquente de décès (31,4 %), suivis des maladies cardiovasculaires (29,7%). Trente patients (41,7%) étaient décédés avec une bactériémie et vingt (27,8%) avec une pneumopathie. Le décès a été jugé imputable à l'infection nosocomiale et évitable pour respectivement 4,2% et 2,4% des cas. Conclusion : L'analyse systématique des décès est citée par la Haute Autorité de Santé comme l'une des méthodes d'amélioration de la qualité. Cette étude tend à démontrer la faisabilité de la démarche.
Mots-clés : mortalité, évaluation, étude rétrospective
Demory MF, Decoster A. Revue systématique des décès associés aux infections nosocomiales dans un hôpital du Nord de la France. Hygiènes 2006; 14(6): 429-437. (Réf 18350)

• Taux de mortalité à 30 jours ajustés sur le risque et sur le diagnostic pour les patients hospitalisés en soins de courte durée dans les hôpitaux de l'Ontario, Canada
Cet article décrit une méthode d'ajustement aux risques permettant de prendre en compte les caractéristiques des patients ayant un impact sur le risque de décès. L'ajustement sur le risque est nécessaire pour pouvoir comparer les résultats cliniques tels que les taux de mortalité hospitalière. Méthode : Une approche des résultats cliniques en deux étapes est proposée. La première étape comprend l'ajustement des résultats cliniques sur les risques liés aux caractéristiques des patients en élaborant des taux de mortalité standardisés. Dans la deuxième étape, les taux standardisés ajustés aux risques peuvent être utilisés comme des variables dépendantes dans des modèles analytiques de résultats cliniques. Cet article décrit la première étape proposée dans le cadre d'une recherche sur les résultats cliniques. Résultats : Dans cette étude, l'ajustement aux risques a modifié le classement des taux hospitaliers de mortalité précédemment obtenu en utilisant les taux bruts. Conclusion : Cette méthode est utile pour élaborer des résultats cliniques ajustés aux risques à partir de données administratives semblables à celles utilisées dans cette étude.
Mots-clés : mortalité, diagnostic, risque, facteur de risque
Tourangeau AE. Taux de mortalité à 30 jours ajustés sur le risque et sur le diagnostic pour les patients hospitalisés en soins de courte durée dans les hôpitaux de l'Ontario, Canada. Risques et qualité en milieu de soins 2006; 3(1): 25-31. (Réf 18562)

• Influence sur l'estimation de la mortalité attribuable à une bactériémie nosocomiale parmi des patients de réanimation de l'appariement sur le temps d'exposition
Le but de ce travail était d'évaluer l'influence de l'appariement sur le temps d'exposition sur l'estimation de la mortalité attribuable à la bactériémie nosocomiale étudiée par études de cohorte appariées. Deux études de cohorte rétrospectives, avec appariement par paire (1:2) ont été conduites dans l'unité de réanimation de 54 lits d'un centre hospitalier universitaire de Belgique. Les patients ayant présenté une bactériémie nosocomiale à Escherichia coli (n=68) et les patients-contrôles sans bactériémie nosocomiale (n=136 pour chaque cohorte), admis dans l'unité en 2002, ont été inclus dans l'étude. Dans la première étude, les patients contrôles devaient avoir un séjour en réanimation au moins aussi long avant l'apparition de la bactériémie que le patient bactériémique apparié (appariement sur le temps d'exposition). Dans la seconde étude, ce séjour en réanimation devait être plus court (pas d'appariement sur le temps d'exposition). Pour les patients présentant une bactériémie la moyenne de la durée de séjour en réanimation avant la survenue de la bactériémie était de 9 jours. Dans la cohorte appariée la mortalité hospitalière n'était pas différente pour les patients avec une bactériémie et pour les patients contrôles (44,1% Vs 43,4% P=0,999). Dans la seconde étude la mortalité n'était pas différente (44,1% Vs 47,8%, P=0,543). Les taux de mortalité des groupes contrôles n'étaient pas différents (43,4% Vs 47,8%, P=0,543). En conclusion, apparier ou ne pas apparier sur le temps d'exposition n'altère pas l'estimation de la mortalité attribuable pour les patients de réanimation présentant une bactériémie à E. Coli.
Mots-clés : mortalité, bactériémie, appariement, cohorte, étude rétrospective, durée de séjour, Europe, soin intensif, estimation
Blot S, De Bacquer D, Hoste E, et al. Influence of matching for exposure time on estimates of attributable mortality caused by nosocomial bacteremia in critically ill patients. Infection control and hospital epidemiology 2005; 26(4): 352-356. (Réf 15519)

• Mortalité hospitalière imputable aux infections nosocomiales : mise en place d'un observatoire dans un centre hospitalier universitaire
Objectif : un observatoire des décès a été mis en place en Franche-Comté en janvier 2002. L'objet de cet article est de décrire les principaux résultats observés après une première année d'activité de cet observatoire au sein du centre hospitalier universitaire de Besançon. Matériels et méthodes : le principe retenu était celui d'une surveillance descriptive d'imputabilité des décès à l'IN en deux étapes successives dans l'identification des cas : la première étape de type déclarative comportait les indications d'une part de l'existence éventuelle d'une IN au moment du décès et d'autre part du score pronostic du patient à son admission à l'hôpital et la deuxième étape de type confrontation d'avis sur certains cas " sélectionnés " au vu des dossiers cliniques. Ce dispositif était complété par une analyse méthodique des cas de décès considérés comme partiellement ou totalement imputables dans le but de proposer des actions préventives. Résultats : le taux brut de mortalité hospitalière était de 2,44 pour 100 patients admis et le taux de mortalité proportionnelle globale lié aux infections acquises dans l'établissement était de 15,3 %. Parmi les 20 cas éligibles d'imputabilité des décès à l'infection (Mac Cabe de 0 ou 1), un total de huit cas a pu faire l'objet d'une analyse détaillée. Au total, pour trois de ces huit patients l'imputabilité de l'infection dans le décès a été écartée. Dans trois des cinq cas d'imputabilité, une action corrective a pu être proposée après analyse méthodique du dossier du patient. Conclusion : notre étude tend à démontrer la faisabilité d'une surveillance continue des décès imputables à l'infection nosocomiale dans un centre hospitalier universitaire et est en faveur de la réhabilitation des comités d'analyse des décès prenant en compte la notion culturellement difficile à imposer "d'erreur utile".
Mots-clés: mortalité, surveillance, centre hospitalier universitaire
Bailly P, Gbaguidi Haore H, Crenn D, et al. Mortalité hospitalière imputable aux infections nosocomiales : mise en place d'un observatoire dans un centre hospitalier universitaire. Médecine et maladies infectieuses 2004; 34(2): 76-82. (Réf 14021)

Organisation et méthodes de travail des comités d'analyse des décès : revue d'expériences
Objectif : parmi les décès qui surviennent à l'hôpital, certains sont inattendus et inexpliqués par l'évolution naturelle de la maladie. La recherche des causes de décès est un des moyens reconnus par les professionnels pour l'amélioration continue de la qualité de la prise en charge du patient. Or ce moyen est peu utilisé actuellement. Notre objectif est de présenter des expériences institutionnelles d'analyse des décès, les méthodes utilisées et une liste d'événements indésirables et de dysfonctionnements associés aux décès inattendus. Méthodes : revue de la littérature à partir des bases Medline et Pascal Biomed complétée par la consultation de responsables hospitaliers d'unités d'évaluation. Cette revue a été limitée aux expériences institutionnelles. Résultats : la majorité des comités d'analyse des décès est constituée uniquement de professionnels qui analysent les décès survenus dans leur service (comités internes). Quelques établissements ont de plus mis en place un comité externe qui a un rôle de soutien méthodologique. La recherche des causes de décès repose le plus souvent sur des critères implicites. Discussion : l'analyse des décès par les comités internes est une démarche utile car elle a un rôle pédagogique et elle permet la mise en place d'actions d'amélioration. Mais elle repose sur des critères d'imputabilité implicites, ce qui limite sa fiabilité. Ce manque de fiabilité a 2 conséquences : l'impossibilité d'évaluer l'impact de ces comités et de rechercher des causes et des facteurs associés à la mortalité évitable. L'absence de ces données épidémiologiques empêche la définition d'un système sentinelle : l'analyse systématique de tous les décès reste donc recommandée dans les établissements. Les autres limites à la mise en place de ces comités sont la difficulté à obtenir des autopsies et la crainte des cliniciens sur la confidentialité des résultats de leur analyse. La réalisation d'un guide méthodologique national est souhaitable.
Mots-clés : mortalité, qualité, analyse, soin
Moty C, Michel P. Organisation et méthodes de travail des comités d'analyse des décès : revue d'expériences. La Presse médicale 2001; 6(30): 259-263. (Réf 18426)

•Méthodes d'estimation de la mortalité attribuable aux infections nosocomiales
Les enquêtes de prévalence réalisées ces dernières années en France font état d'un taux d'infections nosocomiales de l'ordre de 7%, mais leurs conséquences en termes de mortalité restent mal évaluées, la difficulté étant de séparer les facteurs de gravité liés aux patients et la part due à la seule infection. L'estimation la plus courante est que les infections noscomiales seraient à l'origine d'au moins 10 000 décès par an en France, sans que les données ni les méthodes à la base de ce calcul soient explicites. Nous présentons ici une revue des méthodes employées pour estimer la mortalité attribuable aux infections nosocomiales illustrées par des exemples d'application, principalement dans le cas des pneumopathies et des septicémies nosocomiales. Les méthodes d'estimation de la mortalité attribuable à l'infection nosocomiale peuvent être séparées en fonction de la définition des cas étudiés. Les méthodes descriptives peuvent porter sur l'ensemble des patients hospitalisés (méthode 1), sur les seuls patients ayant acquis une infection nosocomiale (méthode 2), ou encore uniquement sur les patients décédés au cours de l'hospitalisation (méthode 3). Les méthodes comparatives utilisent soit la comparaison des patients ayant présenté une infection nosocomiale au cours de leur séjour ou étant restés indemnes (méthode 4), soit la comparaison entre patients décédés au cours de leur hospitalisation et patients sortis vivants (méthode 5). L'utilisation des statistiques nationales de mortalité a également été proposée comme outil d'estimation du nombre de décès associés aux infections nosocomiales (méthode 6).
Mots-clés : épidémiologie, méthodologie, mortalité, prévalence, estimation, taux, cohorte, cas témoin, statistique
Guiguet M, Valleron AJ. Méthodes d'estimation de la mortalité attribuable aux infections nosocomiales. La lettre de l'infectiologue 2000; 1: 6-11. (Réf 7426)

Fiabilité des taux de mortalité ajustés aux risques comme indicateur de la qualité des soins à l'hôpital
Objectif : les taux de mortalité ajustés aux risques sont les indicateurs les plus fréquemment utilisés pour évaluer la qualité des soins. Le but de cette étude était de déterminer si ces taux sont effectivement des indicateurs validés de la qualité des performances hospitalières. Méthode : à partir d'un modèle analytique d'erreur de mesure aléatoire, la sensibilité et l'erreur prédictive des taux de mortalité comme indicateur de la performance des hôpitaux ont été évaluées. Conclusion : sous pratiquement toutes les hypothèses réalistes pour les valeurs des paramètres du modèle, la sensibilité était inférieure à 20 % et l'erreur prédictive supérieure à 50 %. Les comptes-rendus qui mesurent la qualité en utilisant comme indicateur les taux de mortalité ajustés aux risques informent mal le public sur les performances des hôpitaux.
Mots-clés : taux, mortalité, qualité, indicateur
Thomas J, Hopfer T. Accuracy of risk-adjusted mortality rate as a measure of hospital quality of care. Medical Care 1999; 37(1): 83-92. (Réf 6460)

 

3 - Mortalité liée aux IN en général

Limiter la mortalité attribuable aux infections nosocomiales et aux bactéries multirésistantes en soins intensifs
IN sévères et germes multirésistants sont associés avec un mauvais pronostic pour les patients de réanimation. C’est du en partie au fait que les patients sont atteints de pathologies sévères et aigues au début de l’infection. En outre, la mortalité due directement à l’infection peut être aussi dévastatrice. Cependant la mortalité attribuable peut être limitée en prenant compte un certain nombre de points clés. Les mesures générales d’hygiène, la prévention de la transmission croisée et une politique de bonne utilisation des antibiotiques sont toutes importantes du fait de leur effet positif sur les taux d’infection et de multirésistance. Une fois que l’infection est survenue, des bénéfices sont à attendre d’un diagnostic précoce de l’épisode infectieux et d’une mise en route du traitement empirique. Le choix du traitement initial doit être basé sur l’épidémiologie locale (incidence des germes et résistance), l’existence de facteurs de risque de multi-résistance et le statut de colonisation (ou non) du patient. Une attention particulière doit être portée à une posologie adaptée et si possible au retrait des dispositifs contaminés ou à l’aspiration de collections intra-abdominales. En dernier recours, une intervention chirurgicale est essentielle. De même qu’une stabilisation hémodynamique et l’optimisation des données d’oxygénation peuvent sauver des vies.
Mots-clés : mortalité, multirésistance, soin intensif, antibiotique, facteur de risque
Blot S. Limiting the attributable mortality of nosocomial infection and multidrug resistance in intensive care units. Clinical microbiology and infection 2008; 14(1): 9-13. (Réf 21061)

Mortalité pédiatrique liée aux infections associées aux soins : approche critique
L’infection nosocomiale est un évènement fréquent avec des conséquences létales potentielles. Une recherche documentaire en anglais, espagnol et portugais a été menée sur les bases de données MEDLINE, LILACS, et Cochrane Collaboration pour des articles publiés entre 1996 et 2006. Les mots clés étaient : infection nosocomiale et mortalité et pédiatrique, néonatalogie, nouveau-né, nourrisson, enfant, adolescent. Le nombre de publications consacrées à la mortalité liée aux infections nosocomiales a augmenté sensiblement depuis 10 ans. De même que la qualité des études épidémiologiques et des analyses statistiques a progressé, passant d’études descriptives à des études analytiques.
Les facteurs de risque retrouvés comme liés avec la mortalité étaient nombreux : l’infection nosocomiale elle-même notamment. Cependant, des résultats contradictoires ont été retrouvés, notamment concernant le lien entre mortalité et infection nosocomiale. Parmi les nombreux facteurs de risque mis en évidence dans les études, une attention particulière doit être portée au traitement antibiotique inadapté, dont la preuve a été apportée qu’il était un facteur majeur de mortalité hospitalière pour des patients en situation critique. Il est donc vital d’identifier l’agent microbien en cause pour mettre en place précocement un traitement antibiotique adapté sur la base des résultats de la culture et de l’état clinique du patient.
Mais il faut continuer à mettre en place des études pronostiques pour mieux comprendre le lien entre mortalité pédiatrique et infection nosocomiale.
Mots-clés : pédiatrie, mortalité, bibliographie, facteur de risque, antibiotique, pronostic, qualité
Lopes JM, Goulart EM, Starling CE. Pediatric mortality due to nosocomial infection: a critical approach. The Brazilian journal of infectious diseases 2007; 11(5): 515-519. (Réf 19743)

• Mortalité hospitalière liée aux infections nosocomiales. Bilan de deux années d'activité de l'observatoire mis en place au centre hospitalier universitaire de Besançon
Les infections nosocomiales (IN) peuvent être liées au décès du patient mais il est très difficile d'imputer à l'IN la responsabilité du décès. L'objectif de l'observatoire des décès est d'identifier la part de mortalité attribuable aux IN et de proposer le cas échéant des actions correctives. L'enquête descriptive rétrospective a été menée en 2002 et 2003 au CHU de Besançon. A partir de la liste exhaustive des décès, un questionnaire standardisé (score pronostic de McCabe, présence d'une infection au moment du décès, le cas échéant nature du site infecté et caractère ou non nosocomial) a été envoyé au médecin correspondant en hygiène du service où est survenu le décès. L'équipe opérationnelle d'hygiène a colligé les fiches renseignées et les a analysées avec recherche de l'imputabilité du décès à l'IN, et, secondairement, recherche d'évitabilité à partir de l'examen attentif du dossier médical. Sur la période étudiée, 2516 décès sont survenus soit un taux brut de mortalité pour 100 patients admis de 2,44 en 2002 et 2,56 en 2003. Sur 295 patients décédés avec une IN, 17 décès ont été retenus imputables à l'infection dont quatre classés comme évitables. Cette étude tend à démontrer la faisabilité de la démarche, en faveur de la réhabilitation des comités d'analyse des décès, basés sur la notion culturellement difficile d'erreur utile.
Mots-clés : mortalité, surveillance, enquête, épidémiologie descriptive
Floret N, Bailly P, Talon D. Mortalité hospitalière liée aux infections nosocomiales. Bilan de deux années d'activité de l'observatoire mis en place au centre hospitalier universitaire de Besançon. Hygiènes 2005; 13(1): 21-25. (Réf 15489)

La mortalité associée aux infections nosocomiales
La mortalité liée aux infections nosocomiales (IN) est considérée comme un indicateur de qualité des soins. La responsabilité du terrain sous-jacent et de l'IN elle-même dans la mortalité sont difficiles à distinguer. Deux types de méthodes sont utilisées pour évaluer le rôle des IN dans la mortalité : les enquêtes descriptives et les enquêtes comparatives. Les enquêtes descriptives permettent d'évaluer la mortalité imputable à l’ensemble des IN dans l'ensemble d'un ou de plusieurs établissements de soins. Les enquêtes comparatives se limitent en général à un type d'IN (ou à un secteur d'hospitalisation) et mesurent la mortalité attribuable à cette IN. La mortalité imputable aux IN tous sites confondus varie de 6 à 9% des décès hospitaliers selon les études publiées. Elle concerne surtout des patients dont le pronostic vital était déjà menacé avant la survenue de l'IN, mais les IN pourraient être responsables d'environ 4200 décès par an en France. L'utilisation des données issues des statistiques sanitaires ne semble pas être un bon moyen d'évaluer la mortalité associée aux IN. La mortalité attribuable semble plus élevée pour les pneumopathies sous ventilation mécanique ou les bactériémies secondaires que pour les autres IN.
Mots-clés : mortalité, épidémiologie, bactériémie, cathéter, pneumopathie, site opératoire, soin intensif, évaluation
L'hériteau F, Darras-Joly C, Astagneau P. La mortalité associée aux infections nosocomiales. La lettre de l'infectiologue 2005; 3:73-78. (Réf 13144)

Le poids des infections nosocomiales sur les centres hospitaliers aux Etats-Unis
Le but de cette étude est de fournir une estimation nationale de la charge due aux infections à Staphylococcus aureus sur les centres hospitaliers des Etats-Unis par l'analyse d'une base de données représentative sur le plan national et de déterminer l'association des infections à S. aureus avec la durée de séjour, les charges et la mortalité à l'hôpital. Les données de sortie des patients hospitalisés dans 994 hôpitaux de 28 états en 2000 et dans 986 hôpitaux de 33 états en 2001, représentant environ 14 millions de séjours hospitaliers, ont été analysées. L'infection à Staphylococcus aureus a été rapportée comme diagnostic de sortie pour 0,8% de l'ensemble des patients hospitalisés, soit 292 045 séjours par an. Les patients présentant une infection à S. aureus sont plus âgés (moyenne d'âge 63,4 vs 47,3 ans) que les patients sans infection ; ils ont une durée d'hospitalisation 3 fois plus longue (14,3 vs 4,5 jours) ; des charges totales 3 fois plus élevées, et un risque de décès 5 fois plus élevé (11,2% vs 2,3%). En conclusion, les infections à S. aureus représentent une charge considérable pour les hôpitaux des Etats-Unis, en particulier parmi les populations de patients à risque élevé.
Mots-clés : Staphylococcus aureus, analyse, durée de séjour, coût, mortalité, Etats-Unis, facteur de risque
Noskin GA, Rubin RJ, Schentag JJ, et al. The burden of Staphylococcus aureus infections on hospitals in the United States. Archives of internal medicine 2005; 165(15): 1756-1761. (Réf 15913)

Infections nosocomiales et mortalité hospitalière : étude épidémiologique multicentrique
Le but de cette étude était d'évaluer le nombre de décès liés aux infections nosocomiales (IN) et la contribution de ces IN aux décès. On a conduit, entre avril 2000 et juin 2001, une étude descriptive multicentrique dans seize centres hospitaliers spécialisés du nord de la France (14 222 lits). La contribution de l'IN au décès a été évaluée par un accord entre deux praticiens, selon une échelle de probabilité. Parmi les 1945 patients décédés au cours de l'étude, 26,6 % présentaient une IN. Selon le diagnostic les IN ont contribué au décès de 284 patients (14,6 %), plaçant de ce fait les IN au quatrième rang des causes de décès les plus fréquentes. Les infections respiratoires basses, les bactériémies et les infections du site opératoire ont été responsables, respectivement, de 39,20 % et 14 % des IN de ces patients. L'impact des IN sur la mortalité hospitalière semble plus basse que celle qui avait été estimée antérieurement en France en se basant sur des données américaines des années 70 et 80. D'autres études sont nécessaires pour améliorer la qualité des soins.
Mots-clés : mortalité, centre hospitalier spécialisé, bactériémie, infection respiratoire basse, site opératoire, Staphylococcus aureus, France
Kaoutar B, Joly C, L'hériteau F, et al. Nosocomial infections and hospital mortality: a multicentre epidemiological study. The Journal of hospital infection 2004; 5(4): 268-275. (Réf 14971)

Mortalité attribuable : synthèse des données actuelles
Ce document présente, sous forme de diapositives, une synthèse des données portant sur la mortalité attribuable aux infections nosocomiales (coût, facteur de risque en réanimation).
Mots-clés : mortalité, coût, facteur de risque, pneumopathie, septicémie, site opératoire, soin intensif, Legionella, Acinetobacter, méticillino-résistance, Staphylococcus aureus, bactériémie
Astagneau P. Colloque 20/1/2004. Infections nosocomiales: quelle surveillance pour une meilleure prévention. 2004. 15 pages. (Réf 12897)

Mortalité et infection nosocomiales 2000-2001 - Rapport d'enquête
Afin d'obtenir une estimation du rôle des infections nosocomiales dans la mortalité hospitalière, une enquête multicentrique prospective a été coordonnée par le C.CLIN Paris-Nord. Seize hôpitaux (9 CHU, 7 CHG) ont participé à l'enquête menée d'avril 2000 à juillet 2001. Les infections les plus frèquemment en cause étaient les pneumopathies, les bactériémies (et chocs septiques sans documentation microbiologique), les infections digestives et les infections du site opératoire. Staphylococcus aureus était le germe le plus souvent retrouvé dans les infections nosocomiales. Les maladies infectieuses (dont 2/3 sont des infections nosocomiales) représentaient la troisième pathologie responsable de décès après les maladies cardiovasculaires et le cancer. Les infections nosocomiales, qu'elles soient possiblement ou de façon certaine responsables du décès, sont citées en quatrième position parmi les causes (multiples) de décès. Ces résultats permettent de mieux quantifier le rôle des infections nosocomiales dans la mortalité hospitalière. Si l'extrapolation à l'ensemble des hôpitaux français reste difficile, l'estimation stratifiée sur le type d'hôpital (CHU ou CHG) montre que l'infection nosocomiale a contribué directement de façon certaine au décès (sans exclusive d'une autre cause) chez des patients dont le pronostic vital n'était pas engagé à court terme chez 4188 (2665-6377) patients pour une population représentant 76% des décès hospitaliers. Indifféremment du pronostic à court terme, une infection nosocomiale aurait contribué directement au décès chez 8929 (6715-11837) patients. Cette étude devrait permettre d'orienter les politiques de prévention vers les pathologies et les services les plus à risques.
Mots-clés : mortalité, analyse multicentrique, enquête, identification
CCLIN Paris-Nord. Mortalité et infections nosocomiales 2000-2001 - Rapport d'enquête. 2002. 45 pages. (Réf 11314)

La mortalité attribuable aux infections hospitalières
En 2002, en France, on ne dispose pas de données fiables sur la mortalité attribuable aux infections nosocomiales. Toutes les études montrent une relation entre les infections nosocomiales et la mortalité. Cependant, l'évaluation de la part de la mortalité attribuable à l'infection nosocomiale chez les patients infectés varie selon les études.
Mots-clés : mortalité, infection, facteur de risque
Astagneau P, Lepoutre A. La mortalité attribuable aux infections hospitalières. Actualité et dossier en santé publique 2002; 38: 27-29. (Réf 10658)

Mortalité hospitalière imputable aux infections nosocomiales
Objectifs : étude du lien entre le décès de patients hospitalisés et l'existence d'une infection nosocomiale (IN). Patients et méthodes : 1 371 dossiers de patients décédés ont été étudiés au CHU de Rennes en 1997 et 200 tirés au sort (14 % des décès). Pour établir l'imputabilité d'une IN dans le décès, une échelle à trois niveaux a été établie; niveau 0: pas de lien, niveau 1: lien peu probable, niveau 2: lien très probable. Un comité d'experts a analysé les dossiers et les problèmes difficiles ont été étudiés avec un médecin du service concerné. Résultats : l'échantillon des 200 dossiers tirés au sort n'était pas différent des 1 171 autres dossiers. La médiane d'âge des patients était de 67 ans ± 20 avec 61% d'hommes. Vingt huit pour cent des patients étaient atteints d'un cancer et près de 20% présentaient une défaillance cardiaque ou hépatique. Cinquante neuf patients ont présenté au moins une infection nosocomiale (30 % des patients). 6 % (IC à 95 %: 3,1-10,2 %) des décès ont été jugés imputables à un IN et le taux de mortalité des IN a été estimé à 4 %. Conclusion : il peut y avoir un lien entre une IN et le décès. En France, le nombre de décès imputables à une IN serait estimé de 6800 à 19800 décès avec une moyenne de 14000 décès. Cet intervalle est large en raison de la difficulté de l'imputabilité d'une IN dans un décès, du petit nombre de dossiers examinés et de l'imprécision du taux d'incidence des IN.
Mots-clés : mortalité, surveillance, taux, incidence, centre hospitalier universitaire
Branger B, Durand C, Jarno P, et al. Mortalité hospitalière imputable aux infections nosocomiales. Médecine et maladies infectieuses 2002; 32(2): 98-106. (Réf 4932)

Proportion de décès survenus à l'hôpital potentiellement imputables à une infection nosocomiale
Objectif : définir la part des décès survenus à l'hôpital que l'on peut potentiellement associer à une infection nosocomiale (IN). Forme : une étude cas-témoin à témoins assortis. Cadre : un hôpital universitaire spécialisé de 800 lits. Patients : tous les patients de plus de 14 ans hospitalisés entre le 1er janvier 1990 et le 1er janvier 1991 étaient éligibles. Les 524 décès survenus à l'hôpital par la suite ont formé le groupe de cas. Pour chaque cas, un patient témoin a été assorti pour le diagnostic initial l'admission et la date d'admission. Mesures : la proportion de décès à l'hôpital potentiellement associés à une IN a été estimée à partir du risque attribuable à la population ajusté pour l'âge, le sexe, le service, la sévérité de la maladie, la durée du séjour, et la qualité du dossier médical. Résultats : pour les séjours de plus de 48 h, le risque attribuable à la population pour toutes les IN était estimé à 21,3 % (IC 95 : 16,8 %-30,5 %). La plus grande proportion de décès potentiellement associés aux IN a été observée chez les patients ayant seulement une infection et une bactériémie. Conclusions : les infections nosocomiales sont associées à une grande proportion de décès survenus à l'hôpital. Cette information peut aider les médecins et les cadres infirmiers à évaluer l'impact des programmes pour la prévention et la maîtrise des IN dans les décès à l'hôpital.
Mots-clés : mortalité, cas témoin, risque, épidémiologie, diagnostic
Garcia-Martin M, Lardelli-Claret P, Jimenez-Moleon JJ, et al. Proportion of hospital deaths potentially attributable to nosocomial infection. Infection control and hospital epidemiology 2001; 22(11): 708-714. (Réf 9913)

 

4 - Mortalité spécifique selon le risque infectieux et le germe

Facteurs de risque et mortalité parmi des patients présentant une bactériémie nosocomiale à Staphylococcus aureus
Méthodes : les conséquences cliniques (mortalité) des BN à SARM et à SASM ont été évaluées dans une étude de cohorte rétrospective menée dans un CHU de 2900 lits durant 15 ans. Analyses de survie et régressions logistiques ont été utilisées pour déterminer les facteurs de risque et les facteurs pronostiques de décès.
Résultats : en 15 ans, 1148 patients ont été diagnostiqués avec une BN à SA. Le modèle logistique a permis de mettre en évidence les facteurs de risque de BN à SARM : hospitalisation antérieure pour bactériémie, âge, ventilation mécanique et cathétérisme veineux central. Le taux de mortalité brut hospitalier était de 44,1 %. L’excès de risque par SARM était de 22,2 % (49,8 pour les SARM, 27,6 % pour les SASM, p < 0,001) ; l’OR de la régression logistique était de 1,78 (p < 0,001) pour le caractère sensible ou résistant du SA. Les autres facteurs prédictifs étaient l’âge, l’existence d’un cancer, la durée d’hospitalisation après le diagnostic de BN, l’existence d’une ventilation mécanique et celle d’un cathétérisme veineux central.
Conclusion : la résistance à la méticilline est un facteur pronostique indépendant pour les patients avec une BN à SA.
Mots-clés : facteur de risque, mortalité, Staphylococcus aureus, bactériémie, cohorte, étude rétrospective, centre hospitalier spécialisé, analyse, pronostic, taux, méticillino-résistance
Wang F, Chen Y, Chen T, et al. Risk factors and mortality in patients with nosocomial Staphylococcus aureus bacteremia. American journal of infection control 2008; 36(2): 118-122. (Réf 20523)

• Infections à Escherichia coli producteurs de bêta-lactamases à spectre élargi parmi des patients hospitalisés : facteurs influençant la mortalité
Méthodes : une étude cas-témoin (1:1) a été menée dans un CHU de 1000 lits entre janvier 1996 et décembre 2003 : 100 patients avec une infection à E coli producteur de bLSE et 100 patients avec une infection à E coli non producteur de bLSE ont été appariés sur le site d’infection et la date d’admission. La mortalité a été comparée dans les 2 groupes à 7 jours et 30 jours.
Résultats : la mortalité précoce à 7 jours (16 % vs 6 % ; p = 0,02) et tardive à 30 jours (25 % vs 11 % ; p = 0,01) étaient plus élevées pour les patients infectés par un E coli producteur de bLSE. L’antibiothérapie empirique était également plus souvent inadaptée (44 % vs 15 % ; p < 0,01) pour ces patients.
L’analyse multivariée n’a identifié que le site non urinaire comme facteur de risque de décès pour les patients avec une infection à E coli : les patients ayant une infection urinaire ont moins de risque de décéder que les autres (OR = 0,1 ; IC 95 % [0,03 -0,7] ; p = 0,01). Pour les patients dont le site d’infection n’est pas urinaire, l’antibiothérapie empirique inadaptée est un facteur de risque de mortalité précoce à 7 jours (OR = 3,0 ; IC 95 % [1,0 – 8,6] ; p = 0,03). Les 12 patients avec une infection urinaire à E coli ont survécu. Dans une optique de bon usage des antibiotiques, seuls les patients qui ont une probabilité élevée d’infection non urinaire sévère avec un E coli doivent recevoir un traitement antibiotique par carbapénème.
Mots-clés : mortalité, Escherichia coli, bêta-lactamase a spectre élargi, cohorte, étude rétrospective, appariement, antibiotique, facteur de risque, mortalité
Pena C, Gudiol C, Calatayud L, et al. Infections due to Escherichia coli producing extended-spectrum bêta-lactamase among hospitalised patients: factors influencing mortality. The Journal of hospital infection 2008; 68(2): 116-122. (Réf 20404)

Mortalité de patients présentant une diarrhée associée aux antibiotiques : impact de Clostridium difficile
Contexte : des études antérieures ont mis en évidence des résultats contradictoires sur la mortalité liée aux infections à Clostridium difficile (ICD). L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact des ICD sur la mortalité à court et long terme de patients hospitalisés pour des diarrhées aux antibiotiques.
Méthode : étude de cohorte prospective de 217 patients hospitalisés entre le 15 octobre 1999 et le 15 janvier 2000. Les patients ayant une diarrhée associée à une prise d’antibiotiques dans les 40 jours précédents et pour lesquels une recherche de toxine A/B de Clostridium difficile a été demandée.
Les tests de survie univariés (Kaplan-Meier, Log Rank) et multivariés (Cox) ont été utilisés pour comparer la mortalité des patients avec ou sans ICD à 28 jours et à long terme.
Résultats : 52 des 217 patients (24 %) inclus dans la cohorte ont présenté une ICD. Les taux bruts de mortalité à 28 jours et à long terme étaient de 12,4 % et 56 %. Le modèle de Cox a retrouvé comme facteur de risque de décès à long terme une hypoalbuminémie, des capacités fonctionnelles altérées et une urée sanguine élevée. Un test toxine positive à Clostridium difficile n’a pas été retrouvé comme facteur de risque de décès à 28 jours ou à long terme.
Conclusion : si une hypoalbuminémie, une insuffisance rénale et une atteinte fonctionnelle semblent en relation avec une mortalité plus élevée, ce n’est pas le cas des ICD.
Mots-clés : mortalité, antibiotique, diarrhée, Clostridium, étude prospective, cas témoin, analyse, taux, risque
Bishara J, Peled N, Pitlik S, et al. Mortality of patients with antibiotic-associated diarrhoea: the impact of Clostridium difficile. The Journal of hospital infection 2008; 68(4): 308-314. (Réf 20668)

Augmentation des taux de mortalité liés à Clostridium difficile aux Etats-Unis de 1999 à 2004
Contexte : si l’incidence des infections à Clostridium difficile et la sévérité sont en augmentation, il s’agit dans cette étude d’évaluer l’augmentation éventuelle de la mortalité par ICD et de mettre en évidence les caractéristiques socio-économiques associées.
Méthode : les décès par ICD, entre 1999 et 2004, ont été recherchés dans la base des données de mortalité nationale. Un décès par ICD a été défini comme un décès codé en cause immédiate ou associé par le code A047 (entérocolite par Clostridium difficile) de la 10ème révision de la classification internationale des maladies (CIM10).
Résultats : entre 2000 et 2004, l’ICD a été la cause du décès pour 20642 personnes (la cause principale pour 12264 personnes). L’âge médian était de 82 ans. Le taux de mortalité standardisé sur l’âge était un peu plus important pour les hommes et pour les personnes « blanches ». Le taux de mortalité global sur la période était de 12,2 décès/million d’habitants. Il est passé de 5,5 en 1999 à 23,7 millions d’habitants en 2004. L’augmentation a été en moyenne de 35 % par an durant la période.
Conclusion : si le Clostridium difficile est vraisemblablement sous identifié comme cause de décès, cette étude souligne l’importance du Clostridium difficile comme problème de santé publique et la mortalité croissante dont il est la cause.
Mots-clés : Clostridium, mortalité, Etats-Unis, taux
Redelings MD, Sorvillo F, Mascola L. Increase in Clostridium difficile-related mortality rates, United States, 1999-2004. Emerging infectious diseases 2007; 13(9): 1417-1419. (Réf 20180)

Mortalité attribuable à Acinetobacter baumannii : ce n'est plus un sujet de controverse
Il y avait une controverse concernant la mortalité directement attribuable aux infections à Acinetobacter baumannii. Les données de 6 études cas-témoins ont été ajoutées en 2007 à la littérature concernant la mortalité attribuable aux infections à Acinetobacter baumannii. Ces études ont montré que les infections à A. baumannii étaient en effet associées à une mortalité accrue. De plus ces études ont démontré qu'un traitement inapproprié de ces infections était associé à un excès de mortalité. Ces données supplémentaires suggèrent que la mortalité attribuable aux infections à A. baumannii ne devrait plus être un sujet de controverse. Les efforts de la communauté scientifique à s'intéresser à ce pathogène devraient donc mener aussi bien au développement et à l'introduction de nouveaux antibiotiques efficaces contre les souches multirésistantes qu'à la mise en application de mesure de contrôle de ces infections permettant le contrôle de ce problème croissant que sont les infections à A. baumannii.
Mots-clés : Acinetobacter, mortalité, antibiotique, multirésistance
Falagas M, Rafailidis P. Attributable mortality of Acinetobacter baumannii: no longer a controversial issue. Critical care 2007; 11(3): 3 pages. (Réf 19091)

Taux de mortalité et durée d'hospitalisation des infections à Acinetobacter multi-résistant aux antibiotiques
Une étude rétrospective de cohorte, avec appariemment, a été conduite dans deux hôpitaux de Baltimore (Etats-Unis) afin d'étudier l'évolution des patients présentant une infection à Acinetobacter multirésistant aux antibiotiques et de la comparer à celle des patients présentant des infections à Acinetobacter sensible aux antibiotiques et à celle des patients sans infection à Acinetobacter. Une analyse multivariée contrôlant la sévérité de la maladie et les maladies sous-jacentes a identifié une association indépendante entre les patients présentant une infection à Acinetobacter multirésistant aux antibiotiques (n=96) et une augmentation de la durée des séjours hospitaliers et en soins intensifs comparée à celles de 91 patients présentant une infection à Acinetobacter sensible et de 89 patients non infectés. Ces résultats soulignent la nécessité de stratégies de lutte contre le risque infectieux destinées à prévenir la transmission croisée dans les établissements de santé.
Mots-clés : mortalité, Acinetobacter, étude rétrospective, cohorte, appariement, multirésistance, analyse multivariée, durée de séjour, soin intensif, Etats-Unis
Sunenshine Rh, Wright Mo, Maragakis Ll, et al. Multidrug-resistant Acinetobacter infection mortality rate and length of hospitalization. Emerging infectious diseases 2007; 13(1): 97-103. (Réf 18537)

Mortalité attribuable aux bactériémies nosocomiales à Acinetobacter
Contexte : la fréquence des infections à Acinetobacter multirésistants augmente dans la plupart des pays industrialisés ; parallèlement ils deviennent une cause majeure de pneumopathies sévères et de bactériémies dans les unités de soins intensifs. Mais s'il a déjà été montré que les patients avec une infection à Acinetobacter avaient un risque accru de décès, le rôle des Acinetobacter comme cause directe de mortalité reste peu explicité. Objectif : estimer la mortalité attribuable aux bactériémies nosocomiales à Acinetobacter (BNA). Méthode : étude cas-témoin, population : les patients hospitalisés dans le Centre Hospitalier Universitaire, Rambam Medical Center, entre le 01/01/2001 et le 31/12/2003, les cas de BNA retenus ont été définis par les critères suivants : âge>=16 ans avec un prélèvement sanguin positif à Acinetobacter et associés à des symptômes ou signes cliniques de bactériémie plus de 48 heures après l'admission. Parmi les 219 patients pour lesquels une BNA a été diagnostiquée pendant la période, 52 ont été retenus, chaque cas a été apparié avec un témoin selon l’âge, le sexe, les diagnostics initial et associés, les interventions chirurgicales subies, la date d'admission et la durée d'exposition au risque (durée de séjour avant la survenue de l'infection chez les cas). Résultats : les critères d'appariement ont été respectés sauf pour le type d'intervention chirurgicale principale (3 patients) et l'existence d'une maladie chronique sous jacente sévère (10 patients). La durée d'hospitalisation à partir de la date de diagnostic de la BNA était plus longue pour les cas mais non significative (p=0,06). Les cas avaient un risque plus important de ventilation mécanique (p<0,005) ou de cathétérisme veineux central (p<0,004) que les témoins dans la semaine précédant le diagnostic. Un traitement antibiotique a été plus fréquemment prescrit chez les cas (p<0,04). 3 souches (sur 52) étaient résistantes à tous les antibiotiques sauf 1 (colistine) et 45 (86,5%) étaient résistantes à au moins 4 familles d'antibiotique. 29 cas (55,7%) et 10 témoins (19,2%) sont décédés (p<0,001). La mortalité attribuable a donc été estimée à 36,5% (IC à 95% [27% . 46%]). L'OR était de 2,9 (IC à 95% [1,58 . 5,32]). En analyse multivariée, la présence d'une BNA reste un facteur prédictif de mortalité (p<0,001 ; OR=4,41 IC à 95% [1,97 . 9,87]) avec l'âge, la ventilation mécanique et une atteinte rénale. Conclusion : malgré un appariement rigoureux, la décompensation d'une pathologie sous-jacente durant l'hospitalisation (ventilation mécanique et CVC plus fréquents chez les cas avant BNA) peut être un facteur confondant, lié à la fois à la BNA et au décès. Mais si tous les décès en excès ne sont donc sans doute pas à rapporter aux BNA, les résultats de cette étude montrent qu'elles restent associées significativement à un excès de mortalité après ajustement notamment sur la durée d'exposition au risque et sur la sévérité de la maladie à l'admission.
Mots-clés : mortalité, bactériémie, Acinetobacter, facteur de risque, étude rétrospective
Grupper M, Sprecher H, Mashiach T, et al. Attributable mortality of nosocomial Acinetobacter bacteremia. Infection control and hospital epidemiology 2007; 28(3): 293-298. (Réf 18501)

• Evolution nationale des taux d'infections à Staphylococcus aureus : impact sur les coûts et la mortalité sur une période de 6 ans (1998-2003)
Contexte : l’évolution des taux d’infections nosocomiales à Staphylococcus aureus a été étudiée, leur impact en termes économiques et de mortalité a été évalué.
Méthode : la base nationale de patients hospitalisés a été utilisée pour estimer l’évolution des taux d’infection à Staphylococcus aureus entre 1998 et 2003 dans l’ensemble des services d’hospitalisation, en chirurgie, en chirurgie invasive orthopédique et en neurochirurgie invasive.
Résultats : durant la période de l’étude (de 1998 à 2003), le taux d’infection à SA a augmenté significativement sur l’ensemble des services (de 0,74 % à 1 % avec une augmentation annuelle moyenne de 7,1 % ; p=0,004), en chirurgie (de 0,9 à 1,3 % ; + 7,6 % chaque année ; p < 0,001) et la chirurgie orthopédique (de 1,2 % à 1,8 % ; + 9,3 % chaque année ; p < 0,001). En neurochirurgie le taux d’infection à SA est resté identique de 1998 à 2000 mais a augmenté annuellement de 11 % entre 2000 et 2003 (de 1,4 % à 1,8 % ; p= 0,34). Les coûts totaux en lien avec les infections à SA pour les hôpitaux de l’étude ont également augmenté significativement pour tous les types de séjour, avec une augmentation annuelle moyenne de 9,2 % à 17,9 % (p <0,05 entre 1998 et 2003).
En 2003, les coûts totaux des infections à SA étaient estimés à 1415 billions (milliards) de dollars et à 12,3 billions (milliards) pour les séjours de chirurgie. Cependant, il y a eu une diminution de la mortalité associée aux infections à SA entre 1998 et 2003 pour l’ensemble des séjours (de 7,1 % à 5,6 % ; -4,6 % chaque année ; p=0,001) et en chirurgie (de 7,1 % à 5,5 % ; - 4,6 % chaque année ; p=0,002).
Conclusion : les taux d’infections à SA et les coûts dus à ces infections ont augmenté sensiblement entre 1998 et 2003, pendant que la mortalité hospitalière diminuait.
Mots-clés : Staphylococcus aureus, étude rétrospective, coût, mortalité
Reddy P, Malczynski M, Obias A, et al. National trends in Staphylococcus aureus infection rates: impact on economic burden and mortality over a 6-year period (1998-2003). Clinical infectious diseases 2007; 45(79):1132-1140. (Réf 20028)

• Augmentation de l'incidence mais diminution de la mortalité hospitalière des bactériémies à Staphylococcus aureus de l'adulte entre 1981 et 2000
Staphylococcus aureus est une cause majeure de bactériémie. Ce travail étudie l'évolution dans le temps de 18702 cas de bactériémie à S. aureus, chez des adultes, au Danemark, entre 1981 et 2000. Après stratification sur le mode d'acquisition, 57 % ont des infections nosocomiales, 28 % sont d'origine communautaire et 15 % sont d'acquisition indéterminée. Durant la période 1981-2000, le taux d'incidence a augmenté de 18,2 à 30,5 cas/100 000 sujets dans la population. La mortalité associée à la bactériémie nosocomiale est passée de 36,2 % à 20,7 % par comparaison à 34,5 % à 26,5 % pour la bactériémie d'origine communautaire. Selon une analyse multivariée, l'âge, la pneumonie, l'endocardite et une maladie chronique sont associés à la mortalité quel que soit le mode d'acquisition. En conclusion, la mortalité associée à la bactériémie à S. aureus a diminué significativement entre 1981 et 2000, mais les taux d'incidence ont doublé et donc le nombre total de décès a augmenté.
Mots-clés : Staphylococcus aureus, incidence, mortalité, bactériémie, infection communautaire, taux, analyse multivariée
Benfield T, Espersen F, Frimodt-Moller N, et al. Increasing incidence but decreasing in-hospital mortality of adult Staphylococcus aureus bacteraemia between 1981 and 2000. Clinical microbiology and infection 2007; 13(3): 257-263. (Réf 18409)

Les infections urinaires sur sonde augmentent-elles la mortalité des patients en situation critique ?
Objectifs : fournir une estimation précise de l’association entre infections urinaires liées au sondage en réanimation et la mortalité hospitalière en ajustant sur les autres facteurs de risque.
Méthode : dans le cadre du groupe d’étude des résultats en réanimation, une étude cas-témoin multicentrique a été menée dans 12 services de réanimation médicale ou chirurgicale de centres hospitaliers français. La population de départ comprenait tous les patients de la cohorte hospitalisés en réanimation entre janvier 1997 et août 2005 porteurs d’un sondage urinaire. Chaque cas (patients qui ont développé une infection urinaire liée au sondage) était apparié à un témoin sur les critères suivants : sexe, âge (± 10 ans), score SAPS (± 10 points), durée du sondage et présence ou absence de diabète. L’association entre infection urinaire liée au sondage et la mortalité hospitalière a été mesurée à l’aide d’un modèle de régression logistique.
Résultats : parmi les 3281 patients porteurs d’une sonde urinaire, 298 (9 %) ont développé au moins une infection urinaire. La densité d’incidence s’élevait à 12,9 infections pour 1000 jours de sondage. Le taux de mortalité brut en réanimation était le plus important parmi les patients avec une infection urinaire liée au sondage (32 % VS 25 % ; p=0,02). De même, le taux de mortalité intra hospitalier était plus important parmi les patients avec une infection urinaire liée au sondage (43 % VS 30 % ; p<0,01). Après appariement et ajustement, les infections urinaires liées au cathéter n’étaient plus associées à une mortalité plus forte : mortalité en réanimation OR=0,846 IC : 95 % [0,659 – 1,086] ; p=0,19, mortalité hors hospitalière OR=0,949 IC : 95 % [0,763 – 1,181] ; p=0,64.
Conclusion : après avoir pris en compte les facteurs de confusion, les infections urinaires liées au sondage n’ont pas été retrouvées associées à un excès de mortalité parmi les patients de notre cohorte que ce soit en réanimation ou à l’hôpital.
Mots-clés : sondage urinaire, infection, mortalité, soin intensif, chirurgie, cohorte, facteur de risque

Clec'h C, Schwebel C, Francais A, et al. Does cathéter-associated urinary tract infection increase mortality in critically ill patients? Infection control and hospital epidemiology 2007; 28(12):1367-1373. (Réf 19711)

• Mortalité après bactériémie à Staphylococcus aureus dans deux centres hospitaliers du Oxfordshire, 1997-2003 : étude de cohorte
Le but de cette étude est de déterminer l'incidence de bactériémie à Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) et à S. aureus sensible à la méticilline (SASM) et la mortalité qui y est associée dans les 30 jours après le diagnostic. Les patients âgés de plus de 18 ans et admis dans un centre hospitalier régional du Oxfordshire entre avril 1997 et mars 2004, et dans un centre hospitalier général entre avril 1999 et mars 2004, ont été inclus dans l'étude. La partie principale de l'étude a inclus 216 644 patients hospitalisés hors hématologie, néphrologie et oncologie. Les taux de bactériémie à S. aureus ont augmenté entre 1997 et 2003, et SARM est responsable de cette augmentation. La mortalité globale 30 jours après une bactériémie est de 29 %. Le ratio brut de mortalité après bactériémie à SARM comparée à bactériémie à SASM est de 1,49. En conclusion, la dissémination de SARM a beaucoup augmenté le nombre global de cas de bactériémie à S. aureus et a contribué à la mortalité à court terme après bactériémie à S. aureus.
Mots-clés : mortalité, Staphylococcus aureus, bactériémie, cohorte, Europe, incidence
Wyllie DH, Crook DW, Peto TE. Mortality after Staphylococcus aureus bacteraemia in two hospitals in Oxfordshire, 1997-2003: cohort study. British medical journal 2006; 333 : 6 pages. (Réf 17442)

• Mortalité en augmentation parmi les patients âgés présentant une bactériémie à Staphylococcus aureus résistant à la méticilline
Une étude cas-témoin a été conduite dans un centre hospitalier universitaire de 430 lits, d'octobre 2001 à octobre 2004, afin de comparer l'évolution de la bactériémie nosocomiale à SARM parmi les patients d'au moins 65 ans (cas) et parmi les patients de moins de 65 ans (contrôles). Au total, 100 patients hospitalisés âgés d'au moins 18 ans et présentant une bactériémie à S. aureus ont été inclus dans l'étude. Les mesures concernent les comorbidités, la sévérité de la maladie, l'antibiothérapie, les complications hématogènes et la mortalité. La mortalité globale est significativement plus élevée parmi les cas que parmi les contrôles. Une origine pulmonaire a été identifiée plus souvent parmi les patients âgés. Dans une régression logistique les variables suivantes sont indépendamment associées à la bactériémie à SARM parmi les patients âgés : l'admission dans un service de médecine, la bactériémie non liée au CVC et le décès. Parmi les patients qui ont reçu de la vancomycine, plus de cas sont traités par une dose réduite de vancomycine, en raison d'une insuffisance rénale, que de contrôles. Ces résultats montrent que la bactériémie à SARM est associée à une mortalité significative parmi la population âgée.
Mots-clés : mortalité, personne âgée, bactériémie, Staphylococcus aureus, méticillino-résistance, cas témoin, centre hospitalier universitaire
Tacconelli E, Pop-Vicas AE, D'agata EMC. Increased mortality among elderly patients with meticillin-resistant Staphylococcus aureus bacteraemia. The Journal of hospital infection 2006; 64(3): 251-256. (Réf 17733)

Bactériémies à Staphylococcus aureus chez les patients âgés : facteurs prédictifs de mortalité à 7 jours et d'infections
Objectifs : déterminer les facteurs prédictifs de mortalité des patients âgés atteints d’une bactériémie nosocomiale (BN) à Staphylococcus aureus (SA) et identifier les facteurs de risque des bactériémies à SARM.
Méthodes : étude de cohorte rétrospective entre janvier 2003 et décembre 2004 dans 2 centres hospitaliers universitaires. 135 patients hospitalisés âgés de plus de 60 ans avec une BN à SA (au moins une hémoculture positive à SA) ont été inclus dans l’étude.
L’indicateur de résultats principal était le statut vivant ou décédé 7 jours après la survenue d’une BN à SA. L’analyse a tenu compte de la sévérité de l’état clinique du patient à l’aide du score de Charlson.
Résultats : 21 patients (15,6 %) sont décédés dans les 7 jours après la survenue d’une BN à SA. 74 patients (56,1 %) ont contracté une BN à SARM. L’analyse multivariée a mis en évidence 3 facteurs pronostiques indépendants de mortalité à 7 jours : score de Charlson supérieur à 5 (OR = 3,6 ; IC 95 % [1,1 – 11,2] ; p = 0,04), hospitalisation antérieure dans les 3 mois (OR = 5,0 ; IC 95 % [1,1 – 25,1] ; p = 0,04) et des fonctions supérieures altérées à la survenue de la BN à SA (OR = 13,6 ; IC 95 % [2,9 – 64,6] ; p = 0,001). Par ailleurs, une hospitalisation antérieure dans les 3 mois (OR = 2,6 ; IC 95 % [1,1 – 5,9] ; p = 0 ,02), un séjour dans un établissement de long séjour (OR = 4,5 ; IC 95 % [1,7 – 12,3] ; p = 0,003) et des fonctions supérieures altérées à la survenue de la BN à SA ont été identifiées comme des facteurs de risque de BN à SARM.
Conclusion : le score de Charlson est associé significativement à une mortalité accrue par BN à SA à 7 jours chez les adultes âgés. Une hospitalisation antérieure (< 3 mois), un séjour dans un établissement de long séjour et des fonctions supérieures altérées pourraient inciter à un traitement empirique par vancomycine et à la mise en place de mesures d’hygiène chez des patients âgés suspects de BN à SA.
Mots-clés : Staphylococcus aureus, méticillino-résistance, mortalité, bactériémie
Bader MS. Staphylococcus aureus bacteremia in older adults: predictors of 7-day mortality and infection with a methicillin-resistant strain. Infection control and hospital epidemiology 2006; 27(11): 1219-1225. (Réf 17902)

Excès du risque de mortalité par bactériémies nosocomiales en réanimation : une réévaluation
Contexte : le taux global de bactériémies nosocomiales (BN) est souvent utilisé comme indicateur de qualité des soins en réanimation. Nous avons étudié si les BN acquises en réanimation augmentaient la mortalité (d’au moins 10 %) et quels étaient les facteurs qui influençaient la mortalité par BN.
Méthode : nous avons mené une étude exposée -non exposée, appariée (1/4) ajustement sur la durée de séjour, sur l’état du patient à l’admission et en cours de séjour (avant la survenue de l’infection), chez les patients hospitalisés plus de 3 jours dans 12 réanimations, tirés au sort dans la base de données Outcome rea. L’état du patient a été évalué chaque jour à l’aide du score LOD.
Résultats : 232 patients sur 3247 (6,8 % des admissions) qui ont été hospitalisés plus de 3 jours en réanimation, ont déclaré une BN au 30ème jour. Parmi les patients, 226 ont été appariés à 1023 patients non exposés. La mortalité hospitalière brute était de 61,5 % parmi les exposés et de 36,7 % parmi les cas (p<0,0001). La mortalité attribuable était de 24,8 %. Le seul facteur associé à la survenue d’une BN et à la mortalité hospitalière était le score LOD 4 jours avant la survenue de la BN (OR = 1,1 ; IC 95 % [1,01-1,16] p < 0,025). L’OR ajusté de la mortalité hospitalière pour les patients exposés (OR = 3,20 ; IC 95 % [2,3 – 4,43]) diminuant quand le score de LOD 4 jours avant la survenue de la BN était pris en compte (OR = 3,02). Le risque de décès par BN variait sensiblement selon le germe, le niveau de résistance, le jour de survenue et l’adéquation du traitement.
Conclusion : la mortalité par BN reste trois fois plus élevée lorsqu’elle est ajustée sur la durée d’acquisition et l’état du patient à l’admission et en cours de séjour. Mais il existe des variations importantes selon le type de BN (origine, genre….). L’évaluation de la qualité des soins en réanimation devrait s’appuyer sur ces sous-groupes.
Mots-clés : soin intensif, bactériémie, mortalité
Garrouste-Orgeas M, Timsit Jf, Tafflet M, et al. Excess risk of death from intensive care unit-acquired nosocomial bloodstream infections: a reappraisal. Clinical infectious diseases 2006; 42(8): 1118-1126. (Réf 17007)

• Mortalité attribuable à une infection nosocomiale à Clostridium difficile durant une épidémie due à une souche hypervirulente au Québec
Contexte : depuis 2002, une épidémie d’infections à Clostridium difficile (ICD) due à une souche hypervirulente (toxinotype III, ribotype 027) a touché de nombreux hôpitaux au Québec. Cette souche a également été retrouvée aux USA, au Royaume-Uni et aux Pays Bas. Les conséquences de cette épidémie en termes de mortalité et prolongement des durées de séjour restent inconnues : nous les avons évalué pour les patients admis dans un hôpital du Québec en 2003 et 2004.
Méthode : la mortalité et la durée de séjour des patients hospitalisés chez lesquels une ICD est survenue, ont été comparées à celles des patients « contrôle » sans ICD. 4 patients « contrôle » ont été appariés à chaque cas selon le sexe, l’âge, l’indice de comorbidité de Charlson et la durée d’hospitalisation au moment du diagnostic ICD.
Résultats : 30 jours après le diagnostic, 23 % (37/161) des patients avec une ICD sont décédés et 7 % (46/656) des patients témoins (p < 0,001). 12 mois après le diagnostic, la mortalité était de 37,3 % (60/161) parmi les cas et de 20,6 % (135/656) parmi les témoins (p < 0,001), pour une mortalité attribuable cumulée de 16,7 % (IC 95 % [8,6 % - 25,2 %]). Les cas ont été hospitalisés en moyenne 10,7 jours de plus que les témoins.
Conclusion : cette étude met en évidence une forte mortalité attribuable à une souche hypervirulente de Clostridium difficile qui signifie un changement dramatique dans la sévérité de cette infection.
Mots-clés : mortalité, Clostridium, épidémie, durée de séjour, appariement, personne âgée
Pepin J, Valiquette L, Cossette B. Mortality attributable to nosocomial Clostridium difficile-associated disease during an epidemic caused by a hypervirulent strain in Quebec. Canadian medical journal association 2005; 173(9): 1037-1042. (Réf 19005)

• Mortalité attribuable aux candidémies nosocomiales
Enquête cas-témoin en appariant les patients présentant une candidémie nosocomiale avec des sujets contrôles. Entre juillet 1997 et juin 2001, 180 patients présentant une candidémie nosocomiale ont été identifiés. L’incidence de cette pathologie a été de 1,4 épisodes pour 10 000 jours-patient. Elle situe toujours les candidémies au 4e rang des «bactériémies» nosocomiales. Le taux de candidémie est de 5,3 épisodes pour 10 000 admissions hospitalières. En termes de mortalité hospitalière à 30 jours, il existe une nette différence entre les cas et les témoins : la mortalité hospitalière a été de 61% (n=66) en cas de candidémie et de 12% (n=13) chez les témoins. La mortalité attribuable à la candidémie était donc de 49%. Concernant la mortalité à 30 jours, la mortalité attribuable à la candidémie a été de 38% (48%-10%). La mortalité des patients avec candidémie n’est pas apparue influencée par l’espèce du Candida causal, ni par sa sensibilité au fluconazole.
Mots-clés : candida, étude rétrospective, mortalité, facteur de risque
Gudlaugsson O, Gillespie S, Lee K, et al. Attributable mortality of nosocomial candidemia, revisited. Clinical infectious diseases. 2003; 37(9): 1172-1177. (Réf 13020)

• L'impact des infections du site opératoire dans les années 1990 : mortalité attribuable, excès de durée d'hospitalisation et coûts supplémentaires
But de l'étude : déterminer la mortalité, la morbidité et les coûts attribuables aux infections du site opératoire (ISO) dans les années 1990. Type de l'étude : une étude de suivi assortie d'une cohorte de patients atteints d'ISO, patients assortis un par un avec des patients sans ISO. Lieu : un hôpital général de 415 lits. Population de l'étude : 255 paires de patients avec et sans ISO ont été appariées sur l'âge, la procédure, l'index du risque du Système National de Surveillance de l'Infection Nosocomiale, la date de l'intervention et le chirurgien. Mesures : mortalité, excès de durée d'hospitalisation, et coûts directs supplémentaires attribuables aux ISO ; risque relatif pour une admission en unité de soins intensifs (USI) et pour une réadmission à l'hôpital. Conclusions : dans les années 1990, des patients qui développent une ISO ont des hospitalisations plus longues et plus coûteuses que des patients qui ne développent pas de telles infections plus susceptibles. Ils ont deux fois plus de risque de mourir, sont dans 60 % des cas plus susceptibles de rester plus longtemps dans une USI et ont plus de 5 fois plus de risque d'être réadmis à l'hôpital. Des programmes qui réduisent l'incidence des ISO peuvent diminuer de manière importante la morbidité et la mortalité et réduire le fardeau économique pour les patients et les hôpitaux.
Mots-clés : site opératoire, cas témoin, mortalité, morbidité, coût, infection, durée de séjour
Kirkland KB, Briggs JP, Trivette SL, et al. The impact of surgical-site infections in the 1990s: attributable mortality, excess length of hospitalization, and extra costs. Infection control and hospital epidemiology 1999; 20(11): 725-730. (Réf 6778)

 

5 - Mortalité spécifique selon le secteur d'hospitalisation

• Facteurs de risque de décès lié à une infection nosocomiale en réanimation : résultats du réseau de surveillance allemand des infections nosocomiales
Objectif : déterminer les facteurs de risque de décès des patients avec une pneumopathie nosocomiale (PN) ou une bactériémie nosocomiale (BN) en réanimation.
Méthode : enquête de cohorte prospective. Les données ont été recueillies entre janvier 1997 et juin 2003 dans les services de réanimation du réseau de surveillance des infections hospitalières en Allemagne (KISS). Les facteurs suivants ont été renseignés : âge, sexe, durée d’hospitalisation avant la survenue de l’infection, type de réanimation, type et taille de l’hôpital, intubation, cathétérisme veineux central, nutrition parentérale et type de germe.
Résultats : 8432 patients avec une BN, hospitalisés dans 202 services de réanimation, et 2759 patients avec une BN, de 190 services de réanimation, ont été inclus dans l’étude (données complètes).
750 patients (8,9 %) avec une BN et 302 patients (10,9 %) avec une BN sont décédés. L’analyse multivariée a mis en évidence plusieurs facteurs de risque de décès indépendants par BN : la prise en charge dans une réanimation polyvalente (OR = 1,55 ; IC 95 % [1,32 – 1,82]), la prise en charge dans un hôpital de plus de 1000 lits (OR = 2,14 ; IC 95 % [1,81 – 2,56]) , un âge supérieur à 65 ans (OR = 1,54 ; IC 95 % = [1,31 – 1,81]) et une infection à SARM (OR = 2,39 ; IC 95 % [1,81 – 3,12]) ou à Pseudomonas aeruginosa multi-résistant (OR = 3,00 ; IC 95 % = [1,90 – 4,63]). Un âge supérieur à 63 ans, âge médian (OR = 1,44 ; IC 95 % = 1,12 – 1,86]) et une infection à SARM (OR = 2,98 ; IC 95 % = [1,81 – 5,82]) sont les facteurs de risque de décès par BN.
Conclusion : les SARM et les Pseudomonas aeruginosa multirésistants sont apparus comme des facteurs prédictifs importants de décès pour les patients de réanimation. Cette étude souligne le besoin d’investigation complémentaire du rôle de la résistance bactérienne dans l’évolution de patients avec une pneumopathie ou une bactériémie nosocomiale.
Mots-clés : facteur de risque, soin intensif, surveillance, mortalité
Gastmeier P, Sohr D, Geffers C, et al. Risk factors for death due to nosocomial infection in intensive care unit patients: findings from the Krankenhaus infektions surveillance system. Infection control and hospital epidemiology 2007; 28(4): 466-472. (Réf 18598)

• Évaluation de l'impact des infections nosocomiales dues aux bactéries multirésistantes sur la durée de séjour et la mortalité dans un service de soins intensifs de pédiatrie
Plusieurs études chez l'adulte mettent en avant des facteurs de risque de développer des infections à bactéries multirésistantes (BMR) mais les conséquences de cette résistance sont peu souvent évaluées. L'objectif de cette étude prospective (cas/témoin menée sur une cohorte) s'intéressant aux enfants admis dans l'unité de soins intensifs de pédiatrie à l'hôpital de Saint Louis (Missouri) était de déterminer l'épidémiologie, les facteurs de risque et les conséquences de ces infections à BMR. Tous les enfants hospitalisés du 1er septembre 1999 au 1er septembre 2001 ont été inclus sauf les enfants décédés dans les 24 heures après l'admission, les plus de 18 ans, et les enfants de néonatologie nécessitant une oxygénation extracorporelle. Sur les 2310 enfants inclus dans l'étude, 135 ont eu au moins une infection nosocomiale à Staphylocoque Résistant à la Méticilline (SARM), à Enterocoque résistant, ou à Bactérie à Gram Négatif résistante retrouvés dans une hémoculture, un prélèvement urinaire ou pulmonaire. La moyenne d'âge des enfants était de 3,5 ans, 52% étaient des garçons. Les infections observées étaient des pneumonies (41%), des bactériémies (37%) et des infections urinaires (12%). En analyse univariée la transplantation d'organes ([OR]=2.83 [1.05-7.66]) et les maladies pulmonaires préexistantes ([OR]=2.63 [1.18-5.88]) étaient associées à une infection à BMR. L'âge, le score de «risque de mortalité» à l'admission, et la durée de séjour avant infection n'étaient pas significativement différents entre les enfants porteurs d'une infection à BMR ou d'une infection à bactéries multisensibles (contrairement aux colonisations). Les enfants porteurs d'une BMR restaient plus longtemps dans le service après avoir développé une infection (22.9 vs 12.8 jours), avaient un taux de mortalité plus élevé ([OR]=2.4 [1.03-5.61]), et développaient plusieurs infections consécutives ([OR]=3.11 [1.39-6.98]). Au total, cette étude montre qu'un antécédent de transplantation ou de maladie pulmonaire est plus souvent associé à une infection à BMR et que ces infections entraînent un taux de mortalité plus élevé. Il semble que la pression de sélection des antibiotiques favorise l'émergence de nouvelles infections chez les patients initialement infectés par une BMR. Ces infections à BMR ne sont peut-être qu'un marqueur de la sévérité de la maladie initiale. Ces résultats montrent qu'il existe des facteurs de risque de développer une infection à BMR et que celles-ci augmentent les durées de séjour et le nombre d'infections chez un même patient. Les conséquences de ces infections à BMR nécessitent donc une attention particulière quant aux mesures à prendre pour limiter la propagation. Il serait également intéressant de réaliser une autre étude pour préciser d'autres mécanismes de virulence de ces BMR faisant augmenter la durée moyenne de séjour des patients infectés.
Mots-clés : antibiotique, mortalité, soin intensif, pédiatrie, antibiorésistance, multirésistance, prévalence, facteur de risque, durée de séjour, étude prospective
Foglia EE, Fraser VJ, Elward AM. Effect of nosocomial infections due to antibiotic-resistant organisms on length of stay and mortality in the pediatric intensive care unit. Infection control and hospital epidemiology 2007; 28(3): 299-306. (Réf 18502)

• Poids des infections nosocomiales en réanimation : impact sur la défaillance des organes, la mortalité et les coûts. Étude cas-témoin sur un échantillon
Les infections nosocomiales (IN) augmentent la mortalité et les coûts dans les unités de réanimation ; cependant, peu d'études ont porté sur la défaillance des organes qui s'est développée chez les patients infectés et son coût. Le but de cette étude est de mesurer la fréquence des défaillances d'organe lors d'IN et la mortalité et les coûts dans ces unités. Une étude cas témoin 1:2 nichée au sein d'une cohorte de tous les patients consécutifs hospitalisés comparant les patients avec et sans IN durant 1 an (1998) a été conduite dans un centre hospitalier de Mexico (Mexique). Au total, 417 patients (60 %) ont été inclus dans l'étude, 43 d'entre eux (10,3 %) ont présenté une IN (patient cas) et 86 patients témoins appariés ont été choisis. Une fréquence et une durée plus élevée de défaillance d'organes, ainsi qu'un nombre de dispositifs médicaux et de gestes plus élevés ont été observés parmi les patients cas. La mortalité attribuable est de 16,3 %. En conclusion, les infections nosocomiales acquises en unité de réanimation augmentent la durée du séjour, la fréquence et la durée des défaillances d'organes, la mortalité et les coûts.
Mots-clés : soin intensif, mortalité, coût, cas témoin, durée de séjour, Amérique du Sud
Sanchez-Velazquez LD, De Leon Rosales SP, Rangel Frausto MS. The burden of nosocomial infection in the intensive care unit: effects on organ failure, mortality and costs. A nested case-control study. Archives of medical research 2006; 37(3): 370-375. (Réf 17129)

• Mortalité et bactériémies à bacilles Gram-négatifs en réanimation
Une étude prospective d'observation, destinée à identifier les patients présentant une bactériémie à bacilles Gram-négatifs a été conduite durant 17 mois dans l'unité de réanimation de 13 lits d'un centre hospitalier spécialisé universitaire des Etats-Unis. Les résultats des hémocultures des 721 patients admis en réanimation entre décembre 1999 et avril 2001 ont été étudiés ; 37 patients présentant une bactériémie à bacilles Gram-négatifs ont été identifiés. L'antibiorésistance est la principale responsable d'une administration d'antibiotique inefficace. Cette étude souligne l'importance de l'antibiorésistance dans le choix des antibiotiques et le pouvoir du score APACHE à prédire la mortalité du patient.
Mots-clés : mortalité, bactériémie, soin intensif, bacille gram négatif
Gardiner DF, Scholand SJ, Babinchak T. Mortality and Gram-negative rod bacteraemia in the intensive care unit. The Journal of hospital infection 2006; 62(4): 453-457. (Réf 16889)

• Facteurs de risque de mortalité par infections nosocomiales à Staphylococcus aureus en unités de réanimation : résultats du réseau allemand de surveillance des infections nosocomiales (KISS)
Le but de ce travail était de déterminer si les taux de mortalité par pneumonie ou bactériémie primaire nosocomiales à SARM étaient significativement différents de ceux dûs à la pneumonie ou à la bactériémie primaire à Staphylococcus aureus sensible à la méticilline (SASM) en Allemagne. Pour l'analyse, on a utilisé les données du réseau de surveillance des infections nosocomiales (KISS) ; concernant les unités de réanimation, on a étudié les facteurs de risque. On a étudié les données de 274 unités de réanimation et 505 487 patients de réanimation ; au total, on a identifié 6888 cas de pneumonie nosocomiale et 2357 cas de bactériémie primaire parmi lesquels on a pris en considération pour l'analyse 1851 cas de pneumonie à S. aureus et 378 cas de bactériémie primaire à S. aureus. En conclusion, la pneumonie et la bactériémie primaire nosocomiales à SARM sont associées à la mortalité mais la relation cause effet de la sévérité de la maladie et de SARM reste à déterminer en raison des limites des données de surveillance.
Mots-clés : mortalité, facteur de risque, Staphylococcus aureus, soin intensif, Europe, pneumonie, bactériémie
Gastmeier P, Sohr D, Geffers C. Mortality risk factors with nosocomial Staphylococcus aureus infections in intensive care units: results from the German nosocomial infection surveillance system (KISS). Infection 2005; 33(2): 50-55. (Réf 15513)

• Les infections nosocomiales dans des unités de réanimation médico-chirurgicale en Argentine mortalité attribuable et durée de séjour
Les infections nosocomiales (IN) sont un important problème de santé publique dans de nombreux pays développés, en particulier en unités de réanimation. Il existe peu de données sur l'incidence de l'infection nosocomiale dans les unités de réanimation en Argentine. Une surveillance prospective des infections nosocomiales de tous les patients de 3 unités de réanimation médicale et chirurgicale a été réalisée durant 2 mois dans chaque unité entre 1998 et 2000. L'étude a concerné 57 patients et 3 hôpitaux de Buenos Aires. Le taux d'infections global a été 27% et 90 pour 1000 patient-jours. Ces types d'infections les plus courants ont été la bactériémie liée au cathéter, la pneumonie associée à la ventilation et l'infection urinaire liée à un sondage. Cette étude montre des taux élevés d'IN dans les unités de réanimation en Argentine, la mortalité attribuable est très importante et les IN sont responsables d'une augmentation de la durée du séjour. Une surveillance continue et la mise en place de stratégies de lutte contre l'infection sont nécessaires pour maîtriser ce problème qui s'amplifie.
Mots-clés : soin intensif, médecine, chirurgie, mortalité, durée de séjour, étude rétrospective, bactériémie, cathéter, pneumonie, ventilation, infection urinaire
Rosenthal V, Guzman S, Orellana P. Nosocomial infections in medical-surgical intensive care units in Argentina: Attributable mortality and length of stay. American journal of infection control 2003; 31(5): 291-295. (Réf 12520)

• Relations entre les infections nosocomiales et la mortalité à long terme en chirurgie générale : une étude prospective de suivi
On a réalisé une étude prospective sur 1431 patients, admis dans un service de chirurgie générale, et qui furent suivis en moyenne 6.2 années après leur sortie (7679 personnes année de suivi). Nous avons recueilli des informations sur les données préalables y compris la gravité de la maladie et les variables liées aux soins. On a estimé les taux relatifs de mortalité et leur intervalle de confiance (IC) en utilisant les personne-années ou dénominateur. On a obtenu les facteurs de risque multiples ajustés pour les risques relatifs en utilisant l'analyse par régression de Poisson. Il y a eu 172 décès après la sortie de l'hôpital durant la période de suivi (2/100 personne-années). Le suivi fut total pour 91% de la cohorte. Il n'y avait pas de différence importante dans les caractéristiques démographiques ou les facteurs de risque entre les patients suivis et les perdus de vue. Le taux de mortalité pour les patients indemnes d'infection nosocomiale était de 5.3/100 personne-anées, et le taux relatif était de 3.07 (IC: 2.20-4.24). Après avoir ajusté les principaux prédicteurs de mortalité, on a trouvé une modification en présence d'une maladie chronique. Pour les patients sans aucune maladie chronique sous-jacente on a établi un rapport entre une infection nosocomiale et une mortalité à long terme significativement plus élevée (RR=2.47; IC95% : 1.24-4.91). Chez les patients l'infection du site opératoire présentait un risque relatif de mortalité de 3.44 (IC 95% :1.63-7.27). Pour les patients avec une pathologie chronique sous-jacente, on n'a pas trouvé d'association entre l'infection nosocomiale et la mortalité à long terme. On n'a pas rapporté d'importante modification du risque relatif pendant la période de suivi. En conclusion les patients de chirurgie sans pathologie chronique qui développent une infection nosocomiale ont un risque accru de mortalité à long terme.
Mots-clés : mortalité, suivi, chirurgie, site opératoire
Cosano A, Martinez-Gonzalez Ma, Medina-Cuadros M, et al. Relationship between hospital infection and log-term mortality in general surgery: a prospective follow-up study. The Journal of hospital infection 2002; 52(2): 122-129. (Réf 11159)

• Mortalité associée aux pneumopathies nosocomiales tardives en soins intensifs : résultats d'une étude de cohorte multicentrique
Étude prospective multicentrique, conduite dans 4 réanimations médicales et chirurgicales pendant 18 mois. 764 patients hospitalisés plus de 96 heures en réanimation sont étudiés. Le taux de mortalité global est de 25 %. 89 patients (12 %) ont développé une pneumopathie nosocomiale tardive (69 patients (77,5 %) ont développé leur pneumopathie 7 jours ou plus après leur admission). Le taux de mortalité de cette population est 47 %. Le SMR des patients présentant une pneumopathie nosocomiale tardive est 1,55 pour un SMR de 0,84 chez les patients ne développant pas de pneumopathie. Les facteurs de risque en analyse multivariée d'acquisition d'une pneumopathie nosocomiale tardive dans cette population sont l'existence d'une pneumonie à l'admission en réanimation (OR 2,79 ; IC 95% 1,42-3,65 : p = 0,0006) et un LOD score médian à 48 heures post-admission > 4 (OR 2,58 ; IC 95% 1,65-4,05 : p < 10-4). Les facteurs de risque de mortalité dans cette population de réanimation hospitalisée plus de 96 heures sont, en analyse multivariée, une score McCabe > 1, la sévérité des 24 premières heures post-admission mesurée par le SAPS II, l'aggravation de cette sévérité au cours des 4 premiers jours mesurée par une augmentation des SAPS II entre J1 et J2, J2 et J3, et J3 et J4. Après ajustement sur les paramètres pronostiques sélectionnés, la survenue d'une pneumonie nosocomiale tardive est significativement associée à un risque de surmortalité (HR = 1,53, IC 95% 1,02 - 2,3 ; p = 0,04) dans cette population. Néanmoins, lorsque le caractère adéquat, ou non adéquat, du traitement antibiotique empirique initiale est introduit dans le modèle, un risque de surmortalité n'est conservé que si le traitement antibiotique initial est inadéquat (HR = 1,69, IC 95% 1,08-2,65 ; p = 0,022 versus HR = 1,44, IC 95% 0,75-2,76 ; p = 0,27). Ces résultats justifient pleinement l'utilisation après prélèvements à visée bactériologiques d'une antibiothérapie à large spectre en première intention chez les patients hospitalisés en réanimation depuis 4 jours et suspects de développer une pneumopathie nosocomiale tardive.
Mots-clés : étude prospective, soin intensif, mortalité, pneumopathie, antibiotique
Moine P, Timsit Jf, De Lassence A, et al. Mortality associated with late-onset pneumonia in the intensive care unit: results of a multi-center cohort study. Intensive care medicine 2002; 28(2): 154-163. (Réf 13032)

• Taux de mortalité attribuable aux pneumonies nosocomiales liées à la ventilation : étude cas témoin dans une unité de réanimation pour adultes
Le but de cette étude était d'évaluer le taux de mortalité attribuable aux pneumonies liées à la ventilation dans une unité de réanimation. Une étude de cohorte prospective, appariée, ajustée sur le risque a été conduite dans une unité de réanimation de 18 lits au centre hospitalier universitaire d'Orléans de janvier 1996 à avril 1999; 135 patients qui ont présenté une pneumonie nosocomiale ont été appariés avec 135 patients témoins sans pneumonie nosocomiale. La pneumonie nosocomiale a été identifiée d'après les résultats des prélèvements bronchiques distaux. L'appariement a été réalisé selon 8 critères primaires et quand cela était possible, selon 5 critères secondaires. Le taux de mortalité brut était plus élevé chez les patients présentant une pneumonie nosocomiale que chez les patients témoins (41vs 14%; P<0,0001). En conclusion, la pneumonie nosocomiale est indépendamment associée au décès dans une unité de réanimation; de plus, elle augmente la durée du séjour en réanimation.
Mots-clés : pneumonie, ventilation, taux, mortalité, soin intensif, étude prospective, cas témoin, durée de séjour, coût, facteur de risque
Bercault N, Boulain T. Mortality rate attributable to ventilator-associated nosocomial pneumonia in an adult intensive care unit: a prospective case-control study. Critical care medicine 2001; 29(12): 2303-2309. (Réf 12702)

 

6 - Historiquee

• Mortalité due aux infections nosocomiales en service de réanimation
Bien qu'une relation directe entre l'infection nosocomiale et la mortalité chez les patients de réanimation n'ait pas été mise formellement en évidence, il est possible de conclure que les infections nosocomiales augmentent le risque de décès chez les patients en état critique. Une analyse plus précise a montré que :1 - Cet effet est hautement probable pour les pneumopathies, douteux en ce qui concerne les bactériémies et incertain pour les infections urinaires ; 2 - Le risque augmente avec la durée de séjour en réanimation ; 3 - Le risque dépend de l'étiologie bactérienne ; 4 - Cet effet est plus important chez les patients les moins sévèrement malades, probablement parce que la sévérité de la pathologie sous-jacente reste le facteur le plus significatif.
Mots-clés : mortalité, soin intensif
Fagon JY, Novara A, Stephan F, et al. Mortality attributable to nosocomial infections in the ICU. Infection control and hospital epidemiology 1994; 15(7): 428-434. (Réf 1762)

• Bactériémies chez les patients en état critique. Augmentation de la durée de séjour, surcoût et mortalité attribuable
Objectif : déterminer l'augmentation de la durée de séjour, le surcoût, la mortalité attribuable aux bactériémies nosocomiales chez les patients en état critique. Méthodes : il s'agit d'une étude cas témoin avec appariement sur certaines variables. Patients : tous les patients admis dans le service de réanimation chirurgicale entre le 1er juillet 1988 et le 30 juin 1990 ont été inclus. Les cas étaient les patients qui présentaient une bactériémie nosocomiale, les témoins ont été choisis en fonction des variables appariées. Les variables d'appariement étaient le diagnostic primitif à l'admission, l'âge, la durée de séjour avant le jour de l'infection chez les cas. 86 paires de cas témoin ont été étudiées. Résultats : les bactériémies nosocomiales ont représenté 2,67 pour 100 admissions dans le service de réanimation chirurgicale pendant la période d'étude. Les taux de mortalité bruts de cas et de témoins étaient de 50 % et 15 % respectivement (p < 0,01) ; ainsi le taux de mortalité attribuable estimé était de 35 % (IC 95 % : 25 % à 45 %). La durée moyenne de séjour différait significativement entre les cas et les contrôles (40 vs 26 jours respectivement ; p < 0,01). Si seules les paires appariées dans lesquelles le cas survivait à la bactériémie, les cas avaient une durée moyenne de séjour à l'hôpital de 54 jours pour 30 jours chez les témoins (p < 0,01). Ainsi, l'augmentation de la durée de séjour à l'hôpital et dans le service de réanimation chirurgicale attribuable à la bactériémie était de 24 et 8 jours respectivement.Le surcoût attribuable à l'infection était en moyenne de 40 000 dollars par survivant.
Mots-clés : bactériémie, coût, mortalité, durée de séjour
Pittet D, Tarara D, Wenzel R. Nosocomial bloodstream infection in critically ill patients. Excess length of stay, extra costs, and attributable mortality. JAMA 1994; 217(20): 1598-1601. (Réf 2551)

• Enquête sur les infections nosocomiales et leur influence sur les taux de mortalité à l'hôpital
Les infections nosocomiales jouent un rôle important sur la mortalité hospitalière. Afin d'obtenir un grand échantillon, une étude a été conduite entre 1978 et 1989 sur plus de 66000 patients dans des services de soins aigus en Allemagne. Les données ont été utilisées afin d'évaluer l'influence des infections nosocomiales sur le taux de mortalité. Les infections acquises à l'hôpital sont plus fréquentes chez les femmes, mais la mortalité avec ou sans infection nosocomiale est plus élevée chez les hommes. Les infections nosocomiales multiplient par 3 la mortalité à l'hôpital. L'influence des infections nosocomiales est faible pour certaines pathologies comme le cancer, mais est plus élevée pour d'autres comme les pathologies métaboliques et immunologiques ou les traumatismes. Dans le cas des traumatismes, les infections nosocomiales augmentent les taux de mortalité par 3 quel que soit l'âge.
Mots-clés : mortalité, facteur de risque, sexe, enquête
Dinkel R, Lebok U. A survey of nosocomial infections and their influence on hospital mortality rates. The Journal of hospital infection 1994; 28: 297-304. (Réf 1550)

• Pneumopathie nosocomiale chez les patients ventilés. Étude de cohorte destinée à évaluer la mortalité attribuable à la ventilation assistée et à la durée de séjour
Bien que les pneumopathies nosocomiales soient un problème fréquent chez les patients intubés et ventilés, les études précédentes n'ont pas démontré clairement qu’elles entraînent, en fait, une augmentation de la mortalité ou le prolongement de l'hospitalisation des patients. Une étude de cohorte a été réalisée dans laquelle les patients qui ont développé une pneumopathie nosocomiale et les sujets témoins ont été appariés soigneusement en fonction de la gravité de la pathologie sous-jacente et en fonction d'autres variables importantes. Méthodes : Les cas ont été représentés par 48 patients ventilés avec une pneumopathie nosocomiale identifiée sur la base des résultats de la culture quantitative du prélèvement protégé à la brosse et de l'identification des micro-organismes intracellulaires du lavage broncho-alvéolaire. Pour les cas et les témoins, les variables suivantes ont été utilisées : l'âge (+/- 5 ans), le "simplified Acute Physiologic Score" (+/- 3 points), l'indication de la ventilation, la date d'admission et la durée d'exposition au risque. Résultats : L'appariement a été possible pour 222 des 240 variables (92,5%). Le taux de mortalité pour les cas a été de 26 sur 48 (54,2%) et de 13 sur 48 (27,1%) pour les témoins. La mortalité a été de 27,1% (IC 95% ; 8,3% à 45,9% ; p<0,01) et le risque ratio du décès a été de 2,0 (IC 95%, 1,61 à 2,49). La durée de pneumopathie due à Pseudomonas ou Acinetobacter, le taux de mortalité a été de 71,4%, le taux de mortalité attribuable à la ventilation assistée de 42,8% (IC 95%, 14,5 à 69,0%) et le risque ratio de 2,50 (IC 95% ; 1,31 à 4,61).Conclusion : Les pneumopathies qui surviennent chez les patients ventilés, particulièrement celles dues à Pseudomonas ou à Acinetobacter sont associées à une surmortalité par rapport à celles dues à la pathologie sous-jacente seule et prolongent de manière importante la durée de séjour en réanimation.
Mots-clés : appareil respiratoire, durée de séjour, mortalité, cas témoin, lavage broncho-alvéolaire, brosse
Fagon Y, Chastre J, Hance A, et al. Nosocomial pneumonia in ventilated patients: a cohort study evaluating attributable mortality and hospital stay. The American journal of medicine 1993; 94: 281-288. (Réf 2330)

• Durée de séjour et mortalité attribuables à des bactériémies nosocomiales à entérocoques : une étude contrôlée
Objectifs : évaluer la prolongation de séjour et la mortalité attribuable à des bactériémies nosocomiales à entérocoques.
Méthodes : étude cas-témoin rétrospective. Entre le 1er janvier 1979 et le 31 décembre 1983, 97 patients hospitalisés dans un hôpital de 722 lits ont été diagnostiqués avec une bactériémie nosocomiale à entérocoques. 97 témoins ont été appariés sur l’âge, le sexe, le diagnostic initial et les procédures chirurgicales.
Résultats : la durée moyenne de séjour des cas était de 83 jours pour les cas et de 47 jours pour les témoins (p = 0,0001). Le taux de mortalité durant la période était de 43 % pour les cas et de 12 % pour les témoins (p<0,001). La fraction de mortalité attribuable aux bactériémies à entérocoques était donc de 31 %, l’odds ratio était de 4,75. L’analyse discriminante pas à pas a montré que les cathétérismes vasculaires, une atteinte rénale et la présence d’un déficit immunitaire étaient des facteurs de risque d’une issue fatale parmi les cas.
Conclusion : les BN à entérocoques sont devenues une infection fréquente, associée à une mortalité plus importante que celle attendue avec la pathologie sous-jacente.
Mots-clés : mortalité, durée de séjour, Enterococcus, bactériémie
Landry SL, Kaiser DL, Wenzel RP. Hospital stay and mortality attributed to nosocomial enterococcal bacteremia: a controlled study. American journal of infection control 1989; 17(6):323-9. (Réf 21034)

• Infections nosocomiales et décès hospitaliers : une étude cas-témoin
Objectifs : selon une précédente étude, les infections nosocomiales étaient présentes lors d’un décès hospitalier sur 3. Les infections respiratoires basses apparaissent comme en relation avec le décès au contraire des infections urinaires. L’objectif de cette étude est de préciser ce lien causal.
Méthodes : étude cas-témoin. 100 patients décédés à l’hôpital (les cas) consécutivement ont été appariés à 100 patients non décédés à l’hôpital selon l’âge, le sexe, le service de prise en charge, la sévérité de la pathologie principale à l’admission et le diagnostic principal à la sortie.
Résultats : au moins une IN était présente chez 33 % des patients décédés et 13 % des témoins (p < 0,001). Une IN des voies aériennes basses était présente chez 18 % des cas et 4 % des témoins (p < 0,005). Les infections urinaires étaient présentes chez 6 % des cas et 8 % des témoins (NS). Un pronostic terminal à l’admission était plus fréquent chez les cas (76 %) que chez les témoins (11 %), p < 0,001) Les IN ont favorisé une issue fatale seulement chez les patients dont l’état initial n’était pas péjoratif.
Conclusion : entre ces deux groupes de patients appariés sur un grand nombre de critères, les différences en termes de pronostic à l’admission expliquent la plus grande part des différences de survie. Les IN peuvent affecter le résultat chez les patients dont le pronostic à l’admission n’est pas fatal.
Mots-clés : mortalité, infection respiratoire basse, infection urinaire, cas témoin
Gross PA, Van Antwerpen C. Nosocomial infections and hospital deaths: a case-control study. American journal of medicine 1983; 75(4): 658-662. (Réf 21033)

• Décès causés par des infections nosocomiales : expérience dans un centre hospitalier universitaire et un centre hospitalier général
Objectifs : évaluer la part des infections nosocomiales dans la mortalité hospitalière des patients.
Méthodes : 100 dossiers de patients décédés consécutivement ont été revus dans deux hôpitaux (soit 200 dossiers), indépendamment par deux enquêteurs qui devaient préciser l’existence ou l’absence d’une infection nosocomiale (à partir du critère du NNIS) et en cas d’IN préciser le niveau de relation de l’IN avec le décès (causal, contributif, aucun lien).
Résultats : 88 IN chez 63 patients ont été retrouvées. Pour un décès sur 3, une IN a été retrouvée dans le dossier du patient. La plupart des patients décédés avec une IN étaient hospitalisés depuis plus d’un mois alors que les patients décédés sans IN étaient hospitalisés depuis moins de 2 semaines. Dans une IN sur 4, la relation a été jugée causale et dans une IN sur 3, elle a été jugée contributive au décès. Lorsque l’IN a été jugée contributive ou causale au décès, il s’agissait dans 31 cas sur 52 (60 %) d’une infection des voies aériennes basses. Lorsque l’IN n’a pas été jugée en relation avec le décès, il s’agissait dans 13 cas sur 36 (36 %) d’une infection des voies urinaires. Parmi les patients décédés avec une IN, 42 sur 63 étaient en phase terminale à l’admission : la plupart avait la soixantaine et était atteint d’un cancer métastasé. Les autres patients (21 sur 63) souffraient de complications cardiovasculaires et était proche des 80 ans. Les pneumopathies nosocomiales étant le type d’infections le plus fréquent en lien avec le décès, il est nécessaire de mettre en place un programme de prévention des infections pulmonaires qui permettent d’identifier celles à haut risque et de réduire les risques de transmission croisée (par voie aérienne ou manuportée).
Mots-clés : mortalité, infection respiratoire basse, infection urinaire, étude rétrospective
Gross PA, Neu HC, Aswapokee P, et al. Deaths from nosocomial infections: experience in a university hospital and a community hospital. American journal of medicine 1980; 68(2): 219-223. (Réf 21032)

 

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NosoBase
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Coordination du numéro : I. Girot (CCLIN Ouest)
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